American psychiatrist or how the author follow so much his legacy

Avis sur American Psycho

Avatar Aymeric Masseron
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American Psycho n'est, et de loin, pas un livre sur la déviance psychiatrique d'un personnage déjà torturé par une enfance et une adolescence houleuse. On peut le deviner par l'absence quasi permanente de ces relatifs, des figures familiales, et surtout parentale. Patrick est totalement dans la continuité de son enfance. Il n'a eu peu ou prou conscience des conséquences de ses actes. En prenant le contre pied de sa vie vide de toute substance ancrée dans le passé ou le futur, il pense contrôler totalement le présent en le pliant à toute sortes de formes de distractions ludiques, qui s'avèrent être très malsaines. Je repense notamment à ce passage : son premier véritable meurtre qui suinte déjà un travers psychiatrique très prononcé. On peut parler alors de folie "mesurée", sa part sombre et follement dépravée ne l'atteint qu'a la fin où la limite entre la réalité et la fiction ne se fait plus sentir. Ni à travers le personnage, ni à travers le style. L'auteur prends le choix d'une narration déstructurée et plus authentique dans ses 50 dernières pages. On remarque que l'auteur, tel feux John Fante,se fait plaisir à calquer son style d'écriture à l'image de son héros. Au début du livre, tout semble OK, Patrick semble jongler entre vie plutôt correcte qui semble se réduire aux simples apparences. Simples ? Non, que néni, chaque détail vestimentaire à son importance, l'idée d'une fierté qui émanerait de la possession est cruciale dans l'oeuvre de Bret Easton Ellis, mais ce n'est pas de cette critique manichéenne qui est mise en exergue, il s'agit de savoir CE que l'on fait de son argent. Le goût et l'idée d'un classe dotée de ce talent semble être partagée par pratiquement tous les protagonistes du livre. Seul Harry, semble être heureux dans cet univers totalement dompté par les costumes trois pièces, les montres, les robes, les marques des robes, jusqu'à savoir ce que cela dit sur la femme qui la porte. Emporter et suivre sa bande de copains dans des délires toujours plus sadiques et hors de propos et surtout hors de proportions ! Je me remémore notamment du billet brulé devant un sans abris. L'acte en lui même semble digne d'un adolescent dans son expérience de la vie, ce qui rejoint la totale immaturité de Patrick qui trouve une jouissance certaine dans les préliminaires de l'acte dont qu'il assume d'ailleurs totalement. Son cher ami Price ne voit en Bateman qu'en pratique, et développe un travers décelé chez Patrick, sûrement dès sa rencontre, une ambition démesurée à se retrouver au dessus de la foule, des bêtes, dont tout le monde fait partie sauf lorsque Bateman juge le contraire sur un coup de tête. Price jouit d'une source infinie de rebondissements qui émanent de ses réseaux et ceux de Bateman. Il fait avancer Patrick dans la narration, dans son "initiation au monde jamais assouvi", mais surtout dans une folie que l'on redoute de part les pensées de Patrick qui sont choquantes et démesurément cyniques (ce qui donne tout le charme du livre). Au début l'on se demande réellement s'il est d'accord avec ce que l'on lit, puis l'on se rend très vite compte qu'il est sérieux et que sa pensée s'arrête où sa parole commence. En réalité, ce livre n'est pas la critique ou la vision d'un personnage en particulier qui devrait affronter un certain passé pour mieux "gérer" l'avenir, ni une critique unilatérale d'une partie de la société, l'intelligentsia du 21eme siècle, mais bien une analyse psychologique de chacun de ses maillons dont on sent qu'Easton Ellis rejète d'une manière pragmatique, structurée, entrevue, montrée sous un masque neutre (comble du rôle du personnage), mais jamais décriée par aucun des "l'entre soi", communauté dont Bateman jouit d'un pouvoir dont il ne peut réellement assumer les conséquences néfastes que son emprise provoque en société, chez paires et surtout sur lui même. On remarque que la violence des actes perpétués est compensée ou sublimé epar des descriptions de vêtements, d'accessoires, de décors. Ici il ne s'agit pas de "divagations" de notre héros mais le fruit d'une intense proximité matérielle qui dissimule le vide de personnalité dont il souffre, qui, à bien des manières, le prouve par ses constants efforts à ne plus voir les détails et les divertissements comme une fin en soi.
Comme dans Le Démon d'Hubert Selby Jr, on assiste à la déchéance de notre personnage principal qui tente de s'extirper des griffes du destin romanesque dont il est victime.

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