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Au pays des mensonges par Nina in the rain

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Vous ne connaissez pas encore Etgar Keret ? Mais quelle chance vous avez ! Vous allez pouvoir aller tranquillement à la librairie et acheter TOUS ses recueils de nouvelles. Oui, j'ai dit tous. Les petits joueurs qui n'en achèteront qu'un ou deux... seront pardonnés. Bon, je suis trop bonne, on le sait. Ça me perdra... Mais au moins prenez-les en bibliothèque ! (oui, je préfèrerais que vous les achetiez pour que Keret puisse beurrer ses épinards, parce que les épinards sans beurre c'est moins bon. Et avec du beurre c'est quand même kascher, je me suis renseignée. Mais bon, si décidément vous êtes un peu fauché, empruntez-les. Et forcez votre bibliothécaire à les mettre en avant. D'ailleurs, si des bibliothécaires me lisent, sortez Keret des rayonnages et mettez-le sur table. Invitez-le à rencontrer vos lecteurs. Invitez-le à déjeuner. Cette homme est génial. Il va falloir que je songe à refermer cette parenthèse.) Voilà, c'est fait.

Le recueil commence sur une nouvelle coup de poing. Un auteur dans sa chambrette, menacé par un homme. Il doit raconter une histoire, un revolver sur la tempe. Et au moment où il va dire « et on frappa à la porte » on frappe à la porte. Et hop, une seconde arme. Puis une troisième. Et l'auteur a beau dire qu'il ne peut raconter une histoire avec une arme sur la tempe, les intrus insistent. Il doit raconter une histoire inventée. Inventée, c'est important, alors que lui essaye de broder sur la situation.

Tout le recueil se déroule sous cet auspice : pour écrire, Keret se sert du quotidien. Et chaque texte, plus ou moins métaphoriquement, parle de la situation en Israël. Comme dans ses recueils précédents, il est drôle, cynique, parfois méchant. Personnellement, je l'adore, mais ça vous l'aviez compris. Je l'adore parce qu'il est donc cynique et drôle, mais aussi parce que je trouve qu'à chaque fois il tape juste. Là où ça fait mal, ou là où ça console, ça dépend des textes. On est pris à la lecture d'une sorte de frénésie jubilatoire, les nouvelles très (TRÈS) courtes s'enchaînent mais ne se ressemblent pas et on finit la lecture de ce recueil avec un sourire aux lèvres et avec le cerveau bien oxygéné par cette bouffée d'intelligence.

Ce sont des nouvelles, je les adore, une preuve de plus du génie de Keret, ou de mon inconstance, ou des deux.

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