"Vivre plus de quarante ans, c'est inconvenant, vulgaire, immoral" *

Avis sur Babbitt

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( * Dostoïevski)

George F. Babbitt est un "Solid Citizen", un citoyen très respectable et très respecté. Digne héritier de son beau-père, il a récupéré son agence immobilière dans la riche banlieue de Zenith. Mais ses 45 ans l'emplissent d'un ennui sans bornes : sa femme, qu'il a épousée comme par mégarde, le navre ; ses enfants, gâtés, bruyants, le lassent... Sans vraiment en prendre conscience, car Babbitt n'est pas un homme qui réfléchit beaucoup (et c'est d'ailleurs cela qui est le plus drôle), il va jouer avec sa vie. Il cherche tout d'abord à devenir un grand orateur : il s'inscrit dans des organismes plus ou moins moralisateurs, et devient rapidement un modèle pour ses concitoyens. Cette notoriété ne lui suffit pas, il lui préfère les fêtes aux mœurs dissolues, aux femmes gentilles et compréhensives. Le suspense est à son comble : Georgie va-t-il finir libéral? Un portrait sans concession de l'Amérique puritaine du début du XXème siècle.

Extrait de la routine quotidienne de Babbitt, sur laquelle s'ouvre le roman :
"To George F. Babbitt, as to most prosperous citizens of Zenith, his motor car was poetry and tragedy, love and heroism. The office was his pirate ship but the car his perilous excursion ashore.
Among the tremendous crises of each day none was more dramatic than starting the engine. It was slow on cold mornings ; there was the long, anxious whirr of the starter ; and sometimes he had to drip ether into the cocks of the cylinders, which was so very interesting that at lunch he would chronicle it drop by drop, and orally calculate how each drop had cost him. "

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