Jouer avec la mort pour en finir avec la vacuité de la vie

Avis sur Babylone

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Babylone, c'est l'histoire d'Elisabeth, une parisienne d'une soixantaine d'années qui organise une fête entre amis. On suit le fil de sa pensée tout au long de cette préparation puis lors de la soirée elle-même. Son regard sur la vie, où elle mêle passé et présent, est à la fois mélancolique et sarcastique. Elisabeth incarne le célèbre extrait de l'Ecclésiaste "Vanitas vanitatum et omnia vanitas" (vanité des vanités, tout est vanité). Son personnage vieillissant se retrouve face à la vacuité de la vie, au temps qui passe et à la solitude.
On comprend mieux le tournant surréaliste que prend l'histoire par la suite, un peu à la Ionesco. Jean-Lino, le voisin du dessus, et bon ami d'Elizabeth avoue qu'il vient de tuer sa femme. Ce n'est pas la peur, le choc ou un sentiment d'absurdité qui domine chez l'héroïne. Non, c'est l'excitation. L'excitation du jeu. Cette situation chamboule son quotidien, bouleverse ses habitudes. Elle n'est plus déterminée à regarder sa vie passer. Au lieu d'être face à l'angoisse de la mort, la mort de la femme de son ami et sa propre mort, elle joue. Elle met à distance la mort, la narration prend un aspect comique, comme si narrateur et auteur se donnaient l'illusion, un temps, de dominer la mort.

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"J'ai saisi le manteau, et le sac qu'il tenait toujours en hauteur avec son bras replié. Nous nous sommes enfin regardés. J'ai retrouvé ce que j'aimais dans ses yeux. Par-dessus n'importe quelle tristesse, la flamme d'espièglerie. Photo numéro trente-deux : Monsieur Manoscrivi regardant Elisabeth Jauze s'emparer du manteau et du sac."

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