"Tu connais Despentes ? - Celle qui a fait Baise-moi ?"

Avis sur Baise-moi

Avatar Cassandra JM
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Inévitablement, qui dit Despentes (nom de plume en référence aux Pentes de la Croix Rousse, quartier de Lyon où a vécu l'auteure) dit "Baise-moi" et annonce la couleur d'un festival de la chatte et de la parole crue.

Je découvre ici Virginie Despentes avec son tout premier roman.
J'en avais entendu des vertes et des pas mûres, comme dirait l'autre, à son sujet : "livre choquant, dégueulasse, elle écrit comme un mec, voir pire, à gerber..."

En premier lieu pour ma part, j'ai lu beaucoup plus "trash" que ça.
Le style se tient, on s'attend à l'assassinat de toute une génération bercée aux "Belle marquise, vos yeux me font mourir d'amour...." et nous sommes servis, pleinement rassasiés, absolument satisfaits.
On en sort pas indemnes pour les âmes sensibles, on s'étonne à être encore surpris, pour ceux qui sont convaincus d'avoir tout vu/lu, par la violence inouïe dont peut être capable l'être humain. Plus particulièrement la femme, cet Etre censé être doté d'une si pure sensibilité.

Virginie Despentes nous rappelle qu'il n'en est rien.
Découvrir son oeuvre ici, en commençant par le commencement n'est pas une mauvaise chose, en comparaison aux avis contraires, qui conseilleraient plutôt de débuter par King Kong Theory.

Pour la forme, on a un peu de mal avec les POV qui s’enchaînent sans prévenir au fil des phrases. L’écriture de Despentes se lit d'une manière très fluide, du moins à fortiori pour Baise-moi ; mais on a parfois tendance à s'égarer dans le récit ; faut suivre.

Pour le fond, Virginie mène l'histoire exactement comme elle doit être menée. Deux héroïnes à la vie merdique, sans queue ni tête et qui finira exactement de la même manière.
Le maniement de la description d'une femme brute, bruyante, vulgaire, grosse pute et meurtrière, qui se bourre la gueule et enchaîne les rapports sexuels comme les crises de boulimie démesurées.
Le choix parfaitement assumé d'être libre de ses décisions, de mener une existence non conforme aux règles de la vie en société, de ne pas finir comme toutes ces femmes conditionnées par cette même société et quitte à mener sa vie au désastre, autant foncer droit dans le mur, le regard droit devant.

Presque parfait, à sa façon.

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