Samsara post-exotique

Avis sur Bardo or not Bardo ?

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Bardo or not Bardo, est sexy, même si le sujet n’est pas B.B. mais bien des saynètes noiraudes extraites de la fin de vie issu de la galerie du post-exotique. Oui, l’humour est bien là tout au long des récits qui se suivent avec pour fil conducteur le « Bardo Thödol », le livre des morts tibétains, dont la lecture à l’oreille du cadavre doit le guider vers la Claire Lumière au long des 49 jours de noir complet qui le conduisent sinon à la sale renaissance.
Il va sans dire que fidèles aux anti-héros de Volodine, pas un n’arrive ni ne souhaite s’abolir dans le néant. Ils protestent pour la vie même si la précédente était un récépissé de violences, d’agressions, de défaites et d’humiliations. L’incroyable résistance et appétence humaines au malheur...
Si l’ensemble reste moins éblouissant que d’autres opus de Volodine, il y a cependant dans ce livre un élément très intéressant, il ajoute une pièce encore absente au monde post-exotique : le genre théâtral. Cette pièce s’agence remarquablement bien aux autres genres que traverse et fait muter le post-exotisme (poésie-litanie, prose poétique, roman expérimental, roman choral, etc.) et surprend. Le « Bardo de la Méduse » et le « Bar du Bardo » (deux chapitres de l'opus) représentent bien, d’un côté, l’impossible scène schizophrénique que pourrait être un théâtre post-exotique, et de l’autre, tout le côté beckettien en diable de Volodine, où l’humour noir, l’ironie du désastre est encore plus apparent que chez le dramaturge irlandais. Pour cela cela vaut la peine (la joie) de le lire.

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