Merci, les femmes...

Avis sur Bel-Ami

Avatar Aymeric Kvmikvz
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Fils de roturiers normands, Georges Duroy a de l’ambition malgré son extraction provinciale et modeste. En quittant le foyer familial pour rejoindre la capitale, où tout devient prétendument possible, il ne s’attendait pas à travailler dur pour une compagnie de chemin de fer. C’est le désenchantement. Un jour, Forestier, un ancien collègue de régiment, l’introduit à La Vie Française, un quotidien, nouvelle étoile montante du journalisme. Cette situation d’abord médiocre va, à force de labeur et d’intrigues amoureuses, lui offrir des opportunités inattendues…

Bel-Ami, ou l’histoire d'une ascension sociale par les femmes, raconte comment son héros, Georges Duroy, surnommé Bel-Ami dans le monde, parti du fin fond de sa campagne, s’est hissé aux hautes sphères du journalisme grâce à l’exploitation de son sex-appeal. C’est un homme beau et prévenant à l’égard des conventions sociales, mais ce n’est pas ce qu’on pourrait dire un dandy. Juste un plaisant, doté d’un pouvoir d’attraction hors-normes, de bagout et d’entrain.

Les vraies héroïnes du roman, ce sont les femmes, au tempérament bien trempé, curieusement inscrites dans la modernité, femmes actives sachant rester tendres quand nécessaire.

Il y eut d’abord Mme de Marelle, sa première amante, femme mariée, lascive et douce. Mais celle-ci ne lui offrant que peu d’opportunités il se rabattra sur la femme de son ami Forestier, Madeleine, douée pour l’écriture, muse des hommes qu’elle inspire, avant de connaitre une brève idylle avec la femme de son patron, Mme Walter. En tout, trois femmes, sans compter la prostituée du début, qui lui apprit les choses de l’amour, trois femmes qui vont constituer « le sol sous ses pieds » (pour reprendre un proverbe hébreux) de Georges Duroy et vont enfler son orgueil jusqu’au paroxysme du ridicule. Georges se fera désormais appeler Du Roy.

Toute l’ambition du mirliflore est tendue vers l'amélioration quantitative de sa condition matérielle. Pour ce faire, il ne s’encombre pas de scrupules, en se servant des autres et de leurs sentiments, en particulier des femmes. Maupassant dresse le portrait, limite écœurant, de l’homme nouveau, propre à son siècle, arriviste, hypocrite, menteur, peu fait pour filer le parfait amour, éternel insatisfait, cependant doté des qualités requises en affaires, pour monter une start-up dirions-nous par les temps actuels. Le roman se conclut sur un ultime mariage avec la fille du patron, lui ouvrant de nouveaux horizons professionnels à conquérir.

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