L'or et l'adrénaline plutôt que le confort de la routine

Avis sur Bilbo le Hobbit

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La lecture de Bilbo le Hobbit aura été assurément salvatrice en termes de plaisir brut et remise en perspective : entendons par là qu'au-delà de l'attention toute particulière accordée aux tribulations du fameux semi-homme, l'intérêt était double au regard de sa récente adaptation cinématographique, cette trilogie version pellicule n'ayant pas suscité de consensus pareil à celui du Seigneur des Anneaux.

Mais sans davantage s'appesantir sur la dernière incursion de Peter Jackson en Terre du Milieu, revenons en à cette première et fameuse estampe d'un univers monumental, ayant en ce sens révélé en son temps un Tolkien en passe de marquer comme personne le genre de la fantasy ; et si Bilbo le Hobbit pourrait naturellement s'apparenter à une mise en bouche accessible du futur Seigneur des Anneaux, il convient d'en préciser les qualités tant ce livre s'avère ludique comme prenant de bout en bout.

Malgré une cible originellement jeune, la quête de cette compagnie de nains s'adresse somme toute à tout un chacun, fort d'un récit conjuguant limpidité et atmosphère enchanteresse : l'écriture est de fait (relativement) simple, tandis que le (mystérieux) narrateur s'attache aisément l'attention du lecteur en faisant preuve d'une omniscience des plus plaisantes, ses digressions interactives caractérisant bien la volonté de l'auteur de faciliter au mieux la progression / adaptation du public enfantin.

Pour ce qui est du contenu même l'intrigue s'arque autour des péripéties de Bilbo donc, qui sous la férule du magicien Gandalf va, à peu de chose près contre son gré, rejoindre une troupe de nains ayant une fort dangereuse idée en tête : reprendre leur dû au terrible dragon Smaug, devenu seul maître de la Montagne Solitaire après en avoir chassé ses occupants courts sur pattes ; s'ensuit alors une aventure bien meublée, moult rebondissements et dangers en tous genres jalonnant une trame décidément plaisante, sans réelle ventre mou.

Exception faite d'une bataille finale relativement expédiée, Bilbo le Hobbit captive notamment au travers de quelques séquences disons "références", à l'image de l'épisode trollesque, le duel d'énigmes ou encore (sans surprise) les détournements verbaux d'un semi-homme à l'adresse d'un dragon terrifiant, base d'une "confrontation" rappelant l'intronisation de Gollum ; le bouquin ne se repose toutefois pas uniquement sur une composante épique, l'axe de développement accordée au personnage de Bilbo lui-même dépeignant les contours d'un récit, en ce sens, initiatique.

Cet ensemble brillant d'une savoureuse alchimie nous transporte alors avec aisance en Terre du Milieu, un univers fourmillant de mille et un détails qu'il nous tarde de découvrir plus en profondeur, Bilbo le Hobbit n'en dressant qu'un tableau relativement réduit au bout du compte ; à l'image de protagonistes attachants et hauts en couleurs, voilà de quoi transcender également la nature linéaire de l'intrigue, celle-ci s'apparentant à une version moins démesurée de ce que sera l'épopée de Frodo et cie.

Pour le reste, le roman présente quelques limites attenantes à ces mêmes personnages, les portraits respectifs des nains étant plutôt survolés (exception faite de quelques figures), tandis que les interventions miracles de Gandalf témoignent d'une prévisibilité croissante, comme si l'auteur s'était un peu trop reposé sur son illustre magicien ; et puis, en vue de tatillonner, on se surprend à remettre en doute les chances de réussite de l'expédition bien plus encore que ses membres eux-mêmes, ceux-ci avançant au jour le jour, embûche après embûche sans vraiment évoquer le point le plus épineux à résoudre (occire le dragon)... affectant dès lors le plan et sa crédibilité.

Rien de bien rédhibitoire néanmoins, Bilbo le Hobbit constituant un must-read pour les fans comme les néophytes, son accessibilité (doublée d'une profondeur d'univers certaine) et sa place primordiale au sein d'une bibliographie ayant remodelé tout un pan de la littérature en faisant un classique hautement divertissant.

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