Comment on devient LE Boss

Avis sur Born to Run

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Si vous cherchez des anecdotes croustillantes sur la scène rock de ces 4 dernières décennies, cette autobiographie n'est pas faite pour vous. Du tout. Car Springsteen parle de lui en premier lieu, de lui et du E street band en second lieu, de sa musique et ses concerts en troisième lieu, de ses influences en dernier lieu. Et de temps en temps, au détour d'un paragraphe il nous livre quelques courtes phrases sur ses rencontres avec U2 ou les Stones, mais aucune histoire affriolante.

Parce que, comme il le dit à la fin de l'ouvrage, il ne raconte pas tout, et aussi parce qu'il a toujours été du genre discret, loin des paillettes, tout acquis à sa musique plutôt qu'au bling bling du show business.
Le Boss se raconte sans fard, de son enfance pauvre dans le New Jersey à ses multiples dépressions passé 60 ans, en passant par sa situation familiale, ses débuts difficiles en tournant dans les bars et clubs du Shore, ses premiers albums, ses premières tournées, ses comparses du E street band, le succès phénoménal dans les 80s, les années 90 plus soft et sans son groupe, le 11/09, son engagement caritatif, son amour pour Patti, les décès multiples qui ont jalonné son existence, sa foi en la Musique.

Il faut aimer le bonhomme pour aimer cette bio, mais si comme moi vous admirez ce mec, vous apprendrez beaucouo beaucoup de choses sur sa vie, et pourquoi il est le Boss. Un mec qui est né pauvre, avec une famille aux origines diverses, qui a bourlingué dans les clubs et bars du New jersey où il reviendra constamment, qui a rencontré énormément de gens, de musiciens, qui a façonné sa légende à force de travail, d'obstination, d'abnégation, de choix, de perfectionnisme.
Il ne s'est jamais drogué, n'a decouvert l'alcool qu'à 22 ans, a toujours fui les relations sérieuses jusqu'à son premier mariage vite consumé, a toujours eu une conscience politique du fait de son passé prolétarien, a toujours eu une part sombre du fait de son père et de son enfance/adolescence pas evidente, a toujours œuvré à devenir un des meilleurs parce qu'il connaissait son potentiel et croyait en la force de son groupe, donnant le meilleur de lui même et poussant les autres à donner le meilleur d'eux même, trouvant le vrai bonheur et abandon de soi dans ses prestations lives, n'oubliant jamais d'où il venait.

Toute la première partie de sa vie est très détaillée, jusqu'à l'album "Born in the usa" et la tournée triomphale qui s'ensuivit. Puis après la séparation d'avec le E street band (plutôt une longue pause de 10 ans) il survole les 90s rapidement, ne citant même pas tous les opus de la période, jusqu'à "The rising" en 2002 où il développe sa prise de conscience politique, qui découle de ses racines ouvrières qui l'ont toujours "hanté", sans oublier de parler de son etat dépressif, ses périodes de panique, ses séances chez le psy, la mort de Danny et Clarence, sa Patti toujours là, fidèle à vie.

C'est passionnant, même si j'aurai aimé plus de détails sur les albums autres que les premiers, et sur ses interactions avec les autres monuments de la Musique qu'il a rencontré en plus de 40 ans. Mais ce n'etait pas le but de cette autobiographie, ecrite dans un style simple, direct, brut et efficace comme un long concert du Boss, le seul et unique.

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