Épreuve capitale

Avis sur Capitale de la douleur

Avatar Adaliore
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La note peut paraître affreusement sévère. Mais elle est sincère.
Je n'aime vraiment, vraiment pas le surréalisme. C'est une poésie et un univers que je trouve totalement fade. Dans mon système de notes, je donne un 3 pour une mauvaise lecture. C'était littéralement éprouvant.
Je dois sans doute effrayer ses admirateurs, mais je ne remets pas en question son talent ; j'ai trouvé quelques beautés dans son texte, comme par exemple:

"Inconnue, elle était ma forme préférée,
Celle qui m’enlevait le souci d’être un homme,
Et je la vois et je la perds et je subis
Ma douleur, comme un peu de soleil dans l’eau froide."

Ou bien :
"Le monstre de la fuite hume même les plumes
De cet oiseau roussi par le feu du fusil.
Sa plainte vibre tout le long d’un mur de larmes
Et les ciseaux des yeux coupent la mélodie
Qui bourgeonnait déjà dans le cœur du chasseur."

Et bien entendu les grands et fameux poèmes de la Courbe de tes yeux et de l'Amoureuse. Qui sont d'ailleurs fameux parce qu'assez accessibles. J'ai d'ailleurs préféré les poèmes des dernières pages à ceux des premières pour cette raison.

Car là est mon grand problème avec le surréalisme et ici la plume d’Éluard: c'est beaucoup, beaucoup trop abscons. Je suis consciente que dans la poésie de toute époque et de tout lieu perdure toujours une part de mystère, et c'est en partie ce qui fait son charme. Mais ici c'est une surenchère de mystères à en devenir lassant... et souvent une partie de la production poétique du XXe siècle me fait cet effet.

Je ne sais pas comment l'expliquer. Ou alors, simplement : "c'est trop obscur". Je sais que la clé est de se laisser porter par le style, les sensations, les impressions... Oui, chez Verlaine, chez Rimbaud éventuellement, chez Mallarmé... Mais chez les surréalistes non. ça ne marche pas (pour moi en tous cas). Il y a quelque chose qui me rebute profondément dans leur poésie. Je préfère même les vers de Paul Claudel, que les surréalistes détestaient tant...
Bref, j'étais très attirée par ce recueil, particulièrement grâce à son titre (vraiment très beau) et les quelques vers que je lui connaissais. C'est une immense déception pour moi. J'adore le genre poétique mais paradoxalement beaucoup de poésies me rebutent à cause de cette obscurité.

J'ai tenté de chercher des informations sur le recueil, afin de pouvoir un peu guider ma lecture, mais ce sont toujours les vers et les poèmes les plus accessibles qui sont éclairés....

Je ne lâche rien pour autant. Je pense que je tenterai d'autres poésies surréalistes, et surtout d'autres recueils d’Éluard (sans doute ceux avec lesquels il s'éloigne de ce mouvement...).

C'était une lecture éprouvante, une poésie que j'ai trouvé trop inaccessible, jusqu'à en devenir lassante, voire fade... Peut-être la relirai-je plus tard, si un jour je finis par être séduite par le surréalisme....

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