Tout du mauvais roman

Avis sur Cinquante nuances de Grey

Avatar Rchd Aude
Critique publiée par le

Ayant fait le buzz à sa sortie, et m'en étant faite rabâchée les oreilles, il était hors de question pour moi de lire ce supposé torchon qui faisait frémir mes collègues quadragénaires bien rangées dans leur petite vie de famille. (ayant déjà lu : la possibilité d'une île" de Houellebecq, je n'avais pas gardé un bon souvenir des scènes de sexes crues et dépourvue de romantisme)

Pourtant 3 ans plus tard une des mes amies me prête le bouquin. Je me décide donc à me faire mon propre opinion... Bon et bien c'était pire que je ne le pensais. A force, on connaît tous l'histoire donc je ne vais pas faire un rappel dessus.
Hormis la pauvreté des dialogues, c'est surtout la pauvreté du style qui frappe, tout comme l'histoire. On ne voit pas trop vers où l'auteur veut aller... C'est redondant et saturé de niaiserie.
Comme il a été dit dans certaines critiques précédentes les scènes de sexe qui m'ont été décrite comme "choquantes" et "excitantes" ne le sont au final pas.. elles sont surtout gênantes, peu crédibles et mal décrites... voire risibles...

Bref j'ai fini le livre car je n'aime pas laisser un bouquin non terminé mais j'ai limite lu aux forceps.

Que dire de la suite dont on m'avait dit que c'était légèrement mieux... Effectivement, un peu moins de sexe mais un peu plus d'histoire... Toujours des scènes peu crédibles avec des évènements prévisibles (attention spoil : le mec se crash en avion, n'a pas de téléphone mais a son fric.. il en ressort indemne, pas une égratignure, rentre chez lui pépère et se demande pourquoi tout le monde pleure et ensuite va baiser sa nana pour la réconforter... normal !!) .. J'ai abandonné en cours de route.

Je comprends pourtant ce qui en fait son succès : un amour interdit (genre cendrillon et son prince) dirigé par un pervers qui frôle les limites de l'acceptable pour toute personne lambda mais surtout cette "possession passionnelle" qui peut faire défaut chez les célibataires qui rêvent d'amour ou chez les femmes/ mères de familles ayant une vie un peu monotone. Avec un peu d'imagination , on se substitue à Ana, possédant le cœur d'un riche et beau génie vivant une vie de rêve dans des lieux de dingue, parmi l'élite américaine (à la Gossip Girl), capable de franchir les limites dictées par notre conscience, notre éducation et notre corps. Ayant le syndrome de la "mère sauveuse" et réparant justement le plus inaccessible des hommes qui a daigné nous accorder le privilège de son affection (et non amour) inconditionnelle.

Pour terminer, focus sur le personnage de Christian : les moins initiés y verrons un homme brisé, torturé qui s'est construit comme il peut et s'étant créé une carapace dure contre l'amour. Compensant son manque d'affection et les traumatisme de son enfance par du sadomasochisme et des dons généreux aux ONG mais aussi en permettant à la pauvre petite Ana de rejoindre son monde.
La réalité est tout autre ... On a ici un bon "pervers narcissique" car au final sa relation avec Ana est totalement autocentrée sur lui et son plaisir (le fait qu'elle lui désobéisse souvent, l'émoustille). Sexualité déviante, coupure avec ses proches (son ami photographe en l'occurrence), cadeaux merveilleux, personne géniale aux yeux du monde (chef d'entreprise brillant, belle baraque, pilote d'hélico, généreux envers les démunis ...), et maltraitant au sein de son couple (contrôle les aller-venues d'Ana, ses fréquentations, ses tenues, ses horaires de travail, son alimentation, sa contraception, sa forme physique, l'oblige à porter des jouets sexuels en publique ...)... colérique, jaloux, paranoïaque et lunatique, et surtout il manipule tout le monde = le kit parfait du PN.. Au final il n'y a rien de beau chez lui si ce n'est la façade... un être exécrable dont on a envie de hurler à Ana : "mais fuis bon sang ! "

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 111 fois
Aucun vote pour le moment

Autres actions de Rchd Aude Cinquante nuances de Grey