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Cinquante nuances de Grey

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Taxé de "mommy porn" aux States, "50 nuances de Grey" a fait le buzz.
Roman d'abord auto-édité sur le net avant d'être publié, il a immédiatemment connu immense succès de vente : 40 millions d'exemplaires vendus en 18 mois!!!
Face à un tel succès et malgré l'accueil mitigé des critiques pro, attirée par la promesse d'une fabuleuse romance érotico-émoustillante, je l'avoue, et d'une "histoire d'amour comme vous n'en avez jamais vu", j'ai décidé de me jeter à corps perdu dans la sulfureuse lecture de ce bouquin scandaleux, mes sens gourmands en attente des picotements escomptés.

Scandaleux? Nous n'avons visiblement pas la même définition du terme, Miss James.
Vous nous servez un érotisme insipide (émotion : zéro!), répétitif (toutes les deux pages, l'héroïne se mordille les lèvres, ce qui a le don d'exciter le héros qui lui demande de cesser sous peine de passer un quart d'heure très très chaud - je cherche encore ces 15 minutes torrides...), qui frise très souvent le ridicule ("Mon cœur menace de m’étouffer parce qu’il est dans ma gorge en train d’essayer de sortir par ma bouche." - sic, m'sieurs dames!)

La trame narrative et les codes d'écriture sont largement empruntés à la littérature à l'eau de rose : une jeune héroïne vierge et neuneu, un séduisant, ténébreux et riche surhomme (expert en vin, musique, pianiste, pilote d'hélicopter, homme d'affaires et j'en passe). Et un nombre infini (Dieu que c'est long!) de scènes "Je te suis tu me fuis, je te fuis ... blablabla".
Pourquoi?
Elle cherche l'amour, et lui la domination sexuelle (on devine bien entendu le pauvre garçon blessé par un traumatisme d'enfance qui le rend incapable d'aimer)
La grande intrigue de l'oeuvre repose donc sur cette question existentielle : l'amour d'Anastasia pourra-t-il sauver le beau Christian?
Nous (mais pas moi, c'est clair) devrions mettre 3 tomes à le découvrir puisque l'auteur persiste et que la ménagère en redemande : "50 nuances plus sombres" qui sera suivi de l'original "50 nuances plus claires".
Point d'érotisme poétique donc, point d'attrait littéraire, point
d'ébranlement de la libido. (Ah, je suis frustrée! Vite, un pot de Macadamia Nut Brittle)
Mais au moins 50 nuances de mièvrerie.

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