Une référence sur la résistance non-violente face à l'Etat

Avis sur Comment la non-violence protège l’État

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Peter Gelderloos signe ici un essai sur l’intérêt de la multiplication des stratégies (dont la violence) pour résister à un pouvoir étatique oppressif et explique pourquoi la non-violence, seule, est inutile et hypocrite.

Il explique ainsi pourquoi la stratégie de la non-violence est inefficace en s’appuyant sur les exemples historiques classiques de ce genre de discussion (Gandhi, Martin Luther King, Mandela…) avant d’expliquer qu’elle est raciste, patriarcale et inefficace.

J’ai particulièrement aimé l’attachement de l’auteur à argumenter toutes ces idées qui sont souvent très fortes. En voici quelques-unes en vrac :
- Les techniques de désescalade (police de proximité, débat…) sont des outils de l’état afin d’entretenir la non-violence pour ne pas se faire menacer.
- Les 4 principales stratégies de la non-violence sont le lobbyisme, l’appel à la morale, la création d’alternatives et la désobéissance généralisée.
- A un journaliste protecteur du pouvoir qui pose la question « est-ce que vous condamnez les violences des manifestants ? » (Coucou Léa Salamé), il faut répondre un truc du genre « elle n’est rien par rapport à la violence de la police/du système ». Bref minimiser la violence physique nécessaire en la comparant à la violence étatique.
- La non-violence est anti-minoritaire car elle ôte aux minorités leur dernier moyen de se défendre.
- Une des stratégies peut être de déborder la police afin que l’armée intervienne pour que le peuple voit qu’il s’agit d’un régime autoritaire.
- Enfin, une citation que j’ai adorée « Mais de celui d’un peuple soumis à un système si violent qu’il ne peut riposter que par la force ou participer à la propagation de cette violence, nuisant ainsi aux autres ». En gros, pour faire ton trou, soit tu encules les autres soit tu résistes par la violence à l’Etat.

BREF. C’est un essai politique super intéressant pour montrer des pistes de résistance face à un pouvoir. Je l’ai trouvé d’autant plus passionnant par rapport au contexte actuel où le gouvernement Macron se révèle comme étant de plus en plus coercitif, injuste et policier.

J’aurais aimé que les applications proposées dans le chapitre de fin soient plus tangibles et que le livre développe une partie sur la violence et ne se contente pas de déconstruire la violence.
On regrettera aussi des longueurs, des pages qui font piquer du nez car elles n’apportent rien mais le livre reste dans l’ensemble de grande qualité et une super surprise.

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