Minus et Cortex

Avis sur Des fleurs pour Algernon

Avatar Orazy
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Un bon livre qui m'a tout de même laissé des impressions mitigées à force d'en avoir entendu énormément de bien, jamais de mal, et de m'être donc attendu (naïvement !) à un chef d'œuvre intemporel.

Qu'on ne s'y trompe pas, Flowers for Algernon vaut le coup d'être lu. Écrite dans les années 50-60, l'histoire a vieilli sous certains aspects mais ses grands thèmes sont universels : l'aspiration à la normalité et à l'intégration, la peur panique de l'autre, du différent, l'arrogance devant le faible apparent, etc.

Daniel Keyes n'est pas Stanislaw Lem. L'intelligence, la soif de connaissance ne l'intéressent pas en tant que tels mais en tant que reflets de notre condition humaine, de nos peurs et désirs. Charlie Gordon, passé en quelques jours de benêt à génie, apprend dix langues, se lance dans des recherches académiques absconses, et profite de ses nouvelles capacités cognitives pour faire la leçon à ses professeurs et découvrir l'autre sexe : Keyes n'évite aucun cliché, à tel point de frôler parfois le ridicule.

Lem était obsédé par une idée très forte à peine effleurée par Keyes : le différentiel d'intelligence, positif ou négatif, crée une incapacité à communiquer. Or le Charlie "génie" communique parfaitement avec son environnement. La preuve, ses problèmes sont internes et antérieurs à sa transformation : ses souvenirs refoulés, ses désirs contradictoires, sa "double personnalité". Keyes nous dit que l'ancien Charlie, toujours présent, ne comprend pas le nouveau. Il me semble que c'est tout le contraire : c'est bien le nouveau Charlie, le génie, qui est incapable de comprendre l'ancien (sa simplicité, sa naïveté, sa bêtise).

Aussi, j'ai trouvé le livre un peu long. On a l'impression que Keyes a étiré la nouvelle originale plutôt que de la réécrire, en multipliant les épisodes redondants (en particulier les "remontées" de mémoire) et en ajoutant des couches et des couches de pensées qui tournent en rond (certainement voulu mais assez ennuyeux pour le lecteur). Il réussit tout de même à générer beaucoup d'empathie pour Charlie, chose aisée au départ et à l'arrivée, moins dans sa période génie.

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