Contenu génial desservi par un début très moyen

Avis sur Digital Minimalism: Choosing a Focused Life in a...

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Critique publiée par le

Cal Newmport signe ici un livre assez costaud sur la nécessité de repenser son utilisation de la nouvelle technologie afin de ne pas se laisser bouffer par celle-ci.
Le début est insupportable d’américanisme où il expose comment ses clients ont trop amélioré leur vie. C’est vraiment chiant mais c’est ainsi que pas mal de livres écrits par des américains sont malheureusement écrits.

Le contenu qui vient ensuite est beaucoup plus intéressant.

Il explique comment nous avons besoin de relations sociales et comment nous sommes branchés pour les rechercher. Cal Newport nous explique que nous avons un réseau neuronal appelé « mode par défaut » qui s’active lorsque le cerveau est en repos mais actif, c'est-à-dire quand vous n’effectuez aucune tâche. Lorsque vous êtes en mode par défaut, vous vous intéressez en particulier aux relations sociales et à votre organisation personnelle. C’est ce qu’il appelle le mode de cognition social.

Cal Newport présente ainsi une étude où des sujets résolvaient des problèmes mathématiques et avaient trois secondes de pause entre chaque problème, soit pas assez de temps pour développer une pensée construite. Pourtant, le réseau du mode par défaut s’activait à chaque fois dans ce laps de temps.

Il en présente une autre fascinante où il explique que la douleur d’une perte de connexion sociale est similaire à une douleur physique et que des anti-douleurs baissent cette douleur émotionnelle !
L’être humain est donc branlé pour penser à son fonctionnement et son entourage social dès qu’il est en repos. Comme Aristote le disait : nous sommes des animaux sociaux.

Et c’est là où apparaît tout le problème des technologies que nous utilisons actuellement : mails, téléphones, messageries de masse et réseaux sociaux. Elles nous shootent à l’interaction sociale et hackent ce système en abusant de sa construction. D’un côté, nous pensons avoir des stimuli pour développer nos relations sociales mais à l’inverse nous ne prenons plus de temps de repos pour que ce « mode par défaut » nous permette de penser à nous-même et à nos relations sociales.

Ainsi, dans une parfaite illusion, ces technologies ne nous fournissent pas des interactions de qualité qui nous rendent heureux.

Cal Newport propose donc une méthode à base de sevrage puis de reconstruction raisonnée de ses outils technologiques pour essayer de sortir de ce piratage orchestré par les constructeurs de nouvelles technologies.

Pour cela, il propose de supprimer toute notification, de répondre à ses messages à des heures précises de la journée, de se consacrer régulièrement des moments de solitude complète, de supprimer toutes les applications et les newsletters non essentielles et bien d’autres choses encore.

En conclusion, Digital Minimalism est un livre avec un très bon contenu mais une construction moyenne. Il aurait pu être beaucoup plus court et on aurait pu se passer de la branlette pendant les 75 premières pages qui ont failli me sortir du livre. Le message serait passé d’autant plus efficacement. Mis à part ce défaut majeur, Cal Newport a définitivement beaucoup à apprendre à chacun sur son utilisation de la technologie.

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