il manque quelque chose ... l'altruisme ?

Avis sur Du côté de chez Swann

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Il y a chez Proust une sensibilité que l'on ne retrouve pas si souvent au détour de livres. Notamment sa certitude que toute réalité (paysage, discussion, spectacle, etc.) existe de manière différente selon chaque personne. C'est de cette certitude que les personnages (le narrateur et Swann) n'insistent que sur leurs sensations propres à eux.

Cela vire malheureusement à l'overdose. Cette sensibilité poussée à l'extrême m'a fait étouffer sous l'individualisme qui en née. Cet individualisme est exacerbé par la société bourgeoise, tournée entièrement sur elle même, qui est dépeinte. Quel regret qu'un auteur comme Proust n'ait pas élevé son œuvre au dessus des seules problématiques bourgeoises. J'espère que les autres tomes me feront mentir.

J'ai trouvé que de nombreux passages étaient tellement pénibles à lire, qu'en nous endormant, ils nous faisaient passer à côté de belles trouvailles et fulgurances.

L'attrait de lire une critique des habitudes bourgeoises est bien moindre lors d'une lecture aujourd'hui.

Le style ne m'a pas plu. Un style qui rend imperméable depuis 100 ans de nombreux lecteurs à tant de fulgurances n'est pas pour me plaire. Je ne suis pas adepte d'une écriture simpliste mais de là à devoir relire deux fois de nombreuses phrases, pourtant lues avec attention !

Je suis un adepte de la digression et des romans sans intrigues fortes mais pas n’importe quelles digressions. J'aime quand des personnages s'attardent sur quelque chose de fort chez eux mais j'en suis ici écœuré à cause des descriptions et des mises à la loupe de détails n'apportant rien à notre compréhension des personnages. Pourtant de nombreux passages très longs sur le fonctionnement de l'amour ou d'un fait ayant visiblement marqué son enfance (le moment du couché) rattrapent les paragraphes pénibles.

Si je dois résumé ce qui m'a dérangé, ce serait la finesse d'esprit qui est mise entièrement au profit d'un "je" roi. Décortiquer aussi bien le "je" sans jamais parler de "nous", de la société m'a donné l'impression de me noyer sous l'individualisme. Alors que l'individualisme n'est pas une mauvaise chose s'il est accompagné de l'altruisme.

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