Tout le cycle

Avis sur Dune

Avatar WhiteLabel
Critique publiée par le

Ça goûte le sable. Le sel de la sueur. Le vent qui pique les yeux. Les mains sèches dont la peau se fissure. La profondeur mystique des peuples dits primitifs. Les expertes catins qui peuvent te retourner la tête juste avec des mots. La possibilité de se perdre dans les vies antérieures. Est-ce que l'Épice sent comme la marijuana ?

50 pages, et je suis absorbé. 100 et je suis fasciné. Dune c'est The Lord of the Rings de l'espace, en mieux, pour ma part. Herbert, surtout dans Dune, a l'art des ellipses, des sauts pertinents dans le temps. On sait ce qui va se passer parce que l'auteur nous le dit en avance, mais on est surpris quand ça arrive. À cela s'ajoutent les dimensions philosophiques, les réflexions de toutes sortes sur l'histoire, la foi, la religion, souvent originales, abordées sous des angles singuliers.

Dune, tu es ailleurs. Ni dans le passé, ni dans le futur. Ailleurs. Je n'ai même pas très envie de voir le film de Villeneuve. Ce sera peut-être un bon film, mais ce roman-là, ce qui le rend fascinant, ça ne se met pas en images. Ça se lit.

Jusqu'à l'Empereur-Dieu de Dune, c'est formidable. Le  premier reste le meilleur. Mais les suites, qui perdent l'atout du premier contact, de la découverte, vont toujours plus loin, plus en profondeur. Et cet Empereur-Dieu, c'est comme une nostalgie. L'univers si fascinant de Dune se dégrade au fur et à mesure des romans. Le rêve d'y voir la végétation se développer et l'eau couler à flot provoquera la chute de son peuple. Celui qui chevauchait les vers géants.

À travers cette simple planète, Herbert a tout un univers, tout un tas d'intrigues. L'univers est prisonnier de Dune, accro à son Épice qui étend la durée de vie et donne le préscience permettant, entre autres, de naviguer dans l'espace.

Les deux derniers volumes sont moins biens. On quitte Dune, l'intrigue semble excentrée. Quant au dernier, La Maison des Mères, l'inspiration n'est plus. Les réflexions de haute voltige laissent place à du bavardage creux, les longueurs sont omniprésentes, et surtout Herbert n'habite plus son monde. Nous ne sommes plus ailleurs, nous sommes dans un univers "inventé", artificiel.

Pour tout vous dire, je lis en ce moment Les Frères Karamazov de Dostoïevski, et je comprends de plus en plus que la grande littérature est une lecture de jeunesse. Les Hugo, Maupassant, Steinbeck et autres, ce sont des mentors qui nous partagent, de manière fictionnelle, leur vision de la vie. Et les jeunes esprits immatures s'y forment.

Quand on arrive à l'âge où nous avons notre propre idée du monde, ces lectures sont un peu fastidieuses. Ces grands auteurs me disent ce que je sais déjà, et parfois, cela arrive !, j'en sais même un peu plus qu'eux. Par l'expérience.

Non, vraiment, quand on est devenu mûr et sérieux, il faut lire de la science-fiction !

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 47 fois
2 apprécient

Autres actions de WhiteLabel Dune