Dune, ton univers impitoyable

Avis sur Dune - Le Cycle de Dune, tome 1

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"Dune, le livre culte suprême pour tous les amateurs de SF". Mon édition pocket m'annonce la couleur. Aime et tais-toi. Je confesse qu'étant arrivé au terme de sa lecture, partagé je suis. A voir le déluge d'éloges, j'en viendrais presque à croire que je ne suis pas à la hauteur de l'oeuvre, "c'est pas toi c'est moi" comme dirait un mec un peu lâche (pléonasme).
Commençons par les points positifs :
- Dune est un roman-univers. J'ai rarement lu quelque chose d'aussi vaste et foisonnant, qui pourrait effectivement nourrir des tomes et des tomes, et qui parait-il a ensemencé la SF des 50 dernières années y compris Star Wars.
- Une oeuvre SF c'est systématiquement un monde inconnu à découvrir. Au contraire de beaucoup de livres SF que j'ai pu lire, Dune est facile d'accès. On y plonge doucement, graduellement, de manière accompagnée. Ce qui est agréable quand il s'agit de se familiariser ce genre d'univers fait d'objets, de coutumes et d'Histoire inconnus.
- Dune est une vraie tragédie grecque. On en retrouve tous les ingrédients : des guerres entre familles nobles, des assassinats (surtout du père du héros, ça fait toujours son effet), une histoire d'amour tragique, des gentils et des méchants ... et surtout surtout une destinée à laquelle on n'échappe pas. Car finalement la fin de ce tome n'est pas surprenante, mais c'est aussi un marqueur de la tragédie grecque : on s'en fout.
Passons aux côtés négatifs, qui seront du coup plus personnels :
- Pour faire simple j'attendais que Dune soit le Game of Thrones du Space Opera. Et j'ai été déçu sur les deux plans car les manigances familiales et les complots tordus ne sont finalement pas ce que je retiendrai de Dune, car trop superficiels. Et pour le Space Opera la déception fut rapide également : la famille Atréïdes se transporte jusqu'à Arrakis en un claquement de cil alors que j'espérais que ça soit un alibi pour mieux comprendre la Guilde et le secret de leurs transports interstellaires ultra rapides. In fine, le côté space opera est réduit à cette planète de sable qu'on ne quittera plus.
- Je n'ai pas accroché à l'aspect ésotérique et messianique du roman. Peut-être parce que je ne m'attendais pas à ce mélange des genres avec une SF plus traditionnelle. Au final Dune est-il vraiment un roman de SF ? Bien plus que ça diront ses admirateurs. De même, tout le côté prophétique et para religieux m'est passé au-dessus. Je mets les histoires d'eugénisme Bene Gesserit dans le même sac.
- Je reste mitigé également sur le style. Parmi les choses qui m'ont gênées, il y a cette manie d'écrire noir sur blanc les pensées des différents personnages, plutôt que de nous les laisser imaginer ou deviner. J'aurais préféré un narrateur focalisé sur Paul, ce qui aurait aidé à nous le rendre plus attachant qu'il ne l'est (l'ambition de l'auteur n'était probablement pas d'en faire un personnage attachant certes).
Au final l'imagination débordante de F Herbert et ce monde foisonnant qu'il crée accouchent d'une histoire qui n'en exploite que d'infimes parties, laissant tant de coins sombres et inexpliqués. Alors peut-être que les tomes suivants permettent de puiser dans cette ressource gigantesque. En attendant je croise les doigts pour que le film à sortir cette année sache en exploiter l'esthétique et le potentiel !

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