Le droit à l'histoire

Avis sur Elle s'appelait Sarah

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J'ai lu quelques livres autobiographiques ou tiré d'histoire vrai sur la shoah. Tous ces témoignages façonnent le regard que je porte sur l'humanité et l'inhumain, trop humain. Qui est l'autre? dans ses différences, quel qu'il soit, quoi qu'il pense?
J'ai dévoré cette histoire, une histoire bien méconnue, d'une page noire de l'histoire française. Une histoire faites de petites gens et de petits méfaits. J'ai pleuré, j'ai cauchemardé des situations, et continué dans l'insoutenable. D'où mon coup de cœur.
Le livre refermé, j'ai relu le résumé, la bibliographie de l'auteur, la démarche de la romancière. Et là comme une sensation de malaise s'est insinué dans mon âme, si tant est qu'elle existe.
Ici, Pas de Primo Levi, Si c'est un homme.
Non, ici, Tatiana de Rosnay nous livre sa fiction de l'histoire. Cette histoire sur plusieurs génération, de Drancy, ses rescapés, ses survivants, ses disparus, ses profiteurs... Une heure sans gloire de notre histoire.
Et je me pose cette question, jusqu'où dans le droit à l'histoire, à t'on le droit de broder dans l'horreur qui a eu lieu, des choses qui n'ont pas eu lieu. Un auteur a t'il un devoir de réserve dans ses fictions, quand les horreurs de l'histoire, chaque histoire personnelle, se suffit à elle même dans l'horreur de l'histoire.
Voila Mme de Rosnay le propos qui viennent me hanter

la nuit et tienne compagnie à ce petit frère dans le placard. A l'horreur de cette fiction, de cette quête qui bouleverse nos émotions, et qui n'est ancré que dans votre imaginaire, à nous lecteur romancé. Et je culpabilise d'éprouver dans le cauchemard de mes nuits tant de tristesse pour une histoire fiction, quand d'autres histoires vraies tombent dans l'oubli.

Sommes nous encore capable de nous émouvoir de gaz sarin qui endorme dans la nuit pour toujours un village de Syrie. Sommes-nous capable de compassion et solidarité pour des naufragés en méditerranée.
J'ai culpabilisé d'avoir lu votre livre bien au chaud sous ma couette, et d'avoir tant pleuré, pour des faits qui n'ont jamais eu lieu, quand tant d'histoires vraies mériterai tant nos larmes.
Merci de nous avoir fait découvrir cette page honteuse d'une histoire méconnue.
Mais, mais dans le devoir de mémoire, dans le devoir de témoignage, ou doit on s'arrêter, que peut-on romancer, comment respecter la mémoire des disparus et des survivants, dans le témoignage, dans la pudeur. Comment ne pas verser dans le sentimentalisme, pour faire pleurer dans les chaumières.

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