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Fahrenheit 451 par Nanash

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Dans un monde de sur-médiatisation, de sur-communication où la culture de masse est la norme, l'ennemi c'est le livre. Les pompiers ont changé de mission, les incendies accidentels n'existent plus, tout est ignifugé, ils chassent ceux qui possèdent les livres, ceux qui bravent l'interdiction quitte à provoquer leur perte. Plus généralement, l'originalité individuelle n'existe plus, on regarde "La Famille" sur les murs-écrans. Il est interdit de perdre du temps sur la route (100km/h en ville minimum), temps qu'on pourrait mettre à profit à réfléchir, à s'évader (quelle horreur !).

Mais le pompier Montag, sent que tout cela n'a pas toujours été ainsi. Il déroge à la règle, il est encore loin d'être un agitateur mais ses atermoiements intriguent ses collègues. Et un jour il rencontre Clarisse. Clarisse a 17 ans. Clarisse ne va pas à l'école où elle est considérée comme associable. Clarisse aime se promener la nuit, elle aime sentir le vent et la rosée. Mais Clarisse est bien trop éloignée du cadre de la société et son inéluctable disparition va provoquer le déclic nécessaire chez Guy Montag.

Ce qui pourrait passer pour une éloge du livre et de la lecture se doit d'être extrapolé, l'auteur fait l'éloge de la liberté individuelle, de l'ouverture d'esprit dont les livres ne sont finalement qu'un média. Qu'il oppose à la société consumériste où l'avoir est plus important que l'être (incarné par Mildred la femme de Montag avec ses murs-écran omniprésents) et à la répression organisée (le capitaine des pompiers et son limier tueur).

Court, c'est un livre d'une grande poésie que propose Bradburry, une vision alarmiste mais sincère de ce que pourrait devenir une société de pensée unique poussée à l'extrême. Bien qu'évoqués les sujets de la guerre et de la politique auraient gagné à être plus poussés, on en comprend tout de même l'essentiel, grâce au carcan médiatique tout cela n'est plus qu'accessoire et n'intéresse plus vraiment les citoyens de ce pays.

J'aurais adoré un récit plus long, plus étoffé, mais c'est un beau classique dont l'auteur vient disparaître, lisez-le, que tout cela compte ... 8/10

PS: La préface du traducteur de l'édition Folio SF est très bonne et place cette nouvelle dans son contexte historique avec justesse pour éclairer la lecture.

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