Le feu ne brûlait pas; il réchauffait!

Avis sur Fahrenheit 451

Avatar Provehito
Critique publiée par le

Restons d'une certaines façon dans les univers pessimistes, tristes et profondément totalitaire pour en venir au plus de connu de Bradbury dans Fahrenheit après ma lecture de 1984.

Ce monde dit heureux, en autarcie dans son fonctionnement mais en guerre avec les autres pays. Ici, l'Homme ne réfléchis plus par lui même, il obéit. Cela a permis de donner un bonheur illusoire en chaque individu et chaque ménage en détruisant ce qui faisait réfléchir l'Homme. Un Homme qui réfléchit est malheureux. Alors les pompiers, qui ici n'éteignent pas les feus mais les allument pour détruire les derniers ouvrages littéraires.

Notre pompier que nous suivons et enclin a une profonde tristesse malgré ce monde si beau et "la famille". Il va découvrir par le biais de plusieurs personnages que ce monde n'est pas ce qu'il semble. Et il va donc chercher la vérité dans les livres...

Oeuvre saisissante et univers détaillé, cette oeuvre critique la consommation de masse, l'abrutissement des moeurs par le biais de la télévision ou de la vulgarisation des oeuvres en les raccourcissants. Le gouvernement a par ce moyen réussit a contrôler l'ensemble d'une population et les pousser a la consommation sans révoltes, révolutions ou contestations... Ou presque.

Le point très juste et particulièrement dérangeant est que le garant de ce monde illusoire, en la personne de Beatty, est celui qui en connaît le plus sur la littérature, pouvant citer une dizaine d'auteurs sans problèmes alors qu'il est celui qui dirige l'extermination des oeuvres. Paradoxe du savant voulant dominer en laissant les autres dans un brouillard intellectuel.
Pour l'écriture, le livre est assez court et bien écrit malgré un style d'écriture et de formulation assez particulière.

Je souhaite terminer cette courte critique sur un passage de livre particulièrement évoquant quant à la dualité du combat personnel de Montag :

Le soleil brûlait tous les jours. Il brûlait le Temps. Le monde était lancé sur un cercle, tournait sur son axe, et le temps s'employait à brûler les années et les hommes sans aucune aide de sa part. Donc si lui brûlait des choses en compagnie des pompiers, et que le soleil brûlait le Temps, cela signifiait que tout brûlait !
Il fallait que l'un d'eux s'arrête.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 1118 fois
5 apprécient

Provehito a ajouté ce livre à 2 listes Fahrenheit 451

Autres actions de Provehito Fahrenheit 451