Conversation avec Dieu

Avis sur Faust

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Mephistopheles
Ils n’avaient plus que ça, il faudra t'en contenter.

Le Seigneur
Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire ? Tu te fous de ma gueule ?

Mephistopheles
Tu voulais de la lecture, en voilà. D’après Libé, c’est du tout bon.

Le Seigneur
Non, je voulais un bon bouquin ! je ne sais pas, moi… Faust par exemple. Tu vas pas me dire qu’ils n’ont plus de Faust en librairie ?

Mephistopheles
Faut te tenir informé, mon vieux. Fais un tour sur Senscritique, tu vas voir un peu ce qu’on en dit de ton Faust. Surcoté, démodé, paraît même que Goethe était un flemmard de première.

Le Seigneur
Ils disent ça ? Mais il n’y a pas un seul temps mort dans Faust, pas une ligne de blabla inutile, c’est un déluge de punchlines mon bon ami, que dis-je, un tsunami de punchlines ! « Au commencement était l'Acte. » Vois-tu comme ma pilosité faciale se hérisse à la seule évocation de cette prestigieuse sentence ? Surcoté, hein ? Je veux des noms, file-moi les noms des critiques, une invasion de sauterelles et l’affaire sera réglée.

Mephistopheles
Je suis moyen partant pour les sauterelles, on risque de taper dans le déjà-vu.

Le Seigneur
Faust, démodé… le docteur, incarnation de la sagesse, devenu pantin du Diable, infecté jusqu’à la trogne par la passion destructrice, celle qui obscurcit la raison. Si avec ça l’histoire d’amour qui s’en suit n’est pas magistrale ! Et pour les acharnés du cortex, Goethe livre même sa vision de l’univers, celle des sphères et de l’Esprit de la terre. Ce qui lui permet d’insuffler une dimension prométhéenne à son œuvre, celle de la lutte entre le Diable et ce qui est. Comme si cela ne suffisait pas, il se paie le luxe de t’incarner dans un caniche, preuve que le génie et l’humour font parfois bon ménage.

Mephistopheles
Évidemment, tu retiens uniquement l’affaire du caniche. Ne t’en déplaise, personne ne m’avait représenté avec tant de charisme que ton Goethe. Moi, si roublard, sournois, machiavélique, eh bien, je te vole la vedette sans forcer mon talent ! As-tu déjà oublié la célèbre phrase qui me caractérise ? Je suis « une partie de cette force qui veut toujours le mal, et fait toujours le bien.» Une vedette, que je te dis !

Le Seigneur
La vedette, c’est la plume virevoltante du poète. Point d’envolées lyriques ronflantes pour épater le quidam, tout y est juste et sans fausses notes. Crois-moi, parsemer de grandes idées un récit simple en apparence, la chose n’est pas aisée. Simple mais jamais simpliste. Raffiné mais jamais pompeux. Appelons ça le talent, qualité dont tu es tristement dépourvu.

Mephistopheles
Monseigneur est un sacré rabat-joie. Dire que je t’apporte de la lecture, je ne récolte que sottises et méchancetés. Je démissionne. Trouve-toi un autre larbin pour t’approvisionner en littérature.

Le Seigneur
J’aimerais bien, figure-toi. La dernière fois, j’ai envoyé mon fils, ils l’ont fait remonter aussi sec.

Mephistoles
A faire le malin et distribuer les petits pains gratos, faut pas s’étonner de se manger le lobby boulanger sur le coin de la gueule. Le caniche te salue, Adieu !

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