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J’ai eu beaucoup de mal avec cette lecture. Je ne vais pas m’épancher sur l’histoire, tout le monde la connait. Même si justement à trop la connaître on fini par s’attendre à quelque chose de précis, car on fini inévitablement par en être déçu. Je crois que c’est ce qu’il m’est arrivé car en terme d’épouvante j’ai eu du mal à suivre l’auteure. Chaque fois elle me donne l’impression de la « survoler ». Elle décrit en quelques mots le physique du monstre et exprime l’idée qu’il est tellement horrible que l’on ne peut le regarder. Ainsi on se trouve un peu à la place d’un aveugle car il est difficile d’imaginer ce que l’on ne nous décrit pas totalement. J’avoue que cela m’a frustré dans ma lecture, tout comme pour la création du monstre. On a toute la passion de FRANKENSTEIN, son ambition, ses recherches préalables mais une fois le moment venu, la scène est coupée. Et le personnage nous dit « non non ne me le faites pas dire, je ne peux pas ». On passe le roman, comme son personnage, à fuir la vérité. Celle qui est l’existence du monstre. FRANKENSTEIN fuit sa créature, nous fuyons son existence à travers le dénis de ses actes.

En fait j’ai eu le sentiment au court de ma lecture d’entendre mes amis parler du Seigneur des Anneaux « on regarde pendant trois heures des bonhommes courir sur des plaines herbeuses ». C’est clairement le ressenti de l’histoire pour moi. On se balade à travers la Suisse, l’Angleterre, les montagnes, et d’autres pays que j’ai déjà oublié et nous avons droit à une sacrée flopée de description physique. Je sais que c’était le cas à l’époque, mais en principe la trame de l’histoire réussie à se distiller au travers du blabla ce qui permet d’avancer dans notre lecture. Là vraiment je n’ai eu le sentiment que de tourner en rond, il n’y a rien d’autre à raconter … Mary SHELLEY avait une très bonne base, un fond excellent sur la révolte d’un enfant face à son père. La vengeance aigrie d’un manque d’amour qui ne demande qu’à être comblé. Pour le coup j’en sais bien quelque chose, donc je plussoie l’avis général disant qu’il est génial de réfléchir sur la condition humaine à l’aide d’un contraste, mais j’ai vraiment du mal à trouver que ce sujet est suffisamment valorisé ici. Le tout est tellement noyé sous le mélodrame du « J’ai crée un monstre donc je suis un monstre, je ne mérite pas de vivre » suivi d’un « le soleil et la nature me redonnent un souffle de vie, je dois aller de l’avant et oublier mon passé terrible » pour revenir deux lignes plus loin sur un accablement et un désespoir terrible. D’accord ça montre l’esprit torturé et l’envie de rédemption de FRANKENSTEIN mais bon sang quand il a compris que c’était réellement sa créature qui avait fait du mal autour de lui, pourquoi continuer à fuir et se lamenter? FRANKENSTEIN est un lâche doublé d’un pleurnicheur car une fois qu’il a tout perdu, que vraiment plus rien ne le retient à la vie, il se décide ENFIN à pourchasser le monstre. Hum … Pourquoi attendre la désolation totale pour te bouger les miches mon ami? Parce que ça lui donne une bonne raison de se plaindre, d’attendre toujours au cas où cela se résolverait tout seul? Je ne sais pas, mais en tout cas ça m’a bien agacé …

Autre chose, j’ai eu du mal à accepter la façon dont Mary SHELLEY n’arrivait pas à dissocier les personnalités de ses deux personnages principaux. En définitive le monstre a les même états d’âme, les même pensées que son créateur ce qui donne un effet redondant aux pensées déjà pénibles car rébarbatives. De plus, la créature qui nous explique bien ne pas avoir reçu d’éducation précise et une formation scolaire poussée, nous fait des citations ou des références à de grands textes ou poèmes de l’époque … Ne me prenez pas pour une bille, FRANKENSTEIN aurait pu faire ces remarques mais non sa créature. Rien que le parler du monstre est une preuve de cette erreur de concordance car il s’exprime avec de telles tournures qu’on le croirait sorti d’Oxford.

En bref, peut-être précurseur pour l’époque mais à mourir d’ennui pour moi et j’en ressors franchement irrité. Dommage pour un classique si acclamé.

ellenbooks
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