Une ombre prénommée Nick

Avis sur Gatsby le magnifique

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Dans une Amérique d'après guerre, Nick Callaway fait la rencontre de son voisin Gatsby, jeune homme riche, élégant, en pleine possession et utilisation de ses capacités n'ayant de cesse d'organiser des soirées auxquelles se présente la crème de la crème de New York. Devenu une icône de la fête et du luxe aux allures de gendre idéal, il créé rapidement, entre Nick & lui, une intimité, dans laquelle son voisin s'engouffre sans limites. Fasciné par le personnage public que représente Gatsby et bien que pleinement conscient des intentions intéressées de son tout nouvel ami mais touché par la sincérité de ses sentiments, il choisit délibérément de l'aider dans sa quête de retrouver et de faire renaître son grand amour de jeunesse.

Le roman de F. Scott Fitzgerald écrit à la première personne du singulier plonge le spectateur au coeur des relations qu'entretient Nick Callaway avec ses proches et des questionnements du narrateur depuis sa rencontre avec Gatsby jusqu'à ce que le destin ne les sépare. Pour autant, et conformément à ce qui se dessine au travers du roman, il ne ressort de lui qu'une personnalité effacée, discrète, posée, curieuse, calme, la position d'un journaliste souvent en retrait laissant toute la place à la star de se mettre en avant. Les traits de caractère de Gatsby rentrent tantôt en opposition, tantôt en accord avec ceux que l'on connaît de Nick. Tout la complexité de la relation qu'ils entretiennent réside, tout au long du roman, dans une logique de dualité et de duo, jusqu'à ce que Nick, redevienne la voix de la raison après que la folie de Gatsby l'ait poussé à adopter des attitudes déraisonnées.

Alors pourquoi cette fascination permanente de ses congénères et du lecteur pour le personnage de Gatsby ?
Si l'on s'attend à vibrer au rythme de l'histoire d'amour qui l'unit à Daisy, il n'en est rien. Le personnage de Daisy n'a de réelle valeur aux yeux du lecteur qu'à travers le récit que Gatsby fait de leur relation passée mais perd en substance dès lors que nous la retrouvons dans le présent qui leur est contemporain.

Gatsby dira d'elle qu'elle “respire l'argent”, ce qui décontenancera le lecteur qui s'attend à ce qu'il s'attarde davantage sur ses qualités d'âme. Au lieu de cela, il ne fait que mettre en exergue la superficialité du lien qui les unit : certes il n'a jamais pu l'oublier, mais il apparaît désormais que ce qu'il a construit tout au long de sa vie n'était que le fruit d'une obsession basée sur du matériel, la mise en place d'une condition sociale destinée à donner à Daisy la sensation qu'il était enfin digne d'elle et de son rang. En somme, le superficiel. Le lecteur n'aura alors de cesse, à partir de cet instant, de voir son regard changer sur celui que l'on appelle Le Magnifique, de la même manière que le narrateur : fini curiosité et fascination, place à la décadence et à la désillusion.

Teinté de mystère sur fond de réussite, le personnage de Gatsby s'avère n'être qu'un petit criminel qui semble ne l'assumer que très peu. Décevant de la part de celui qui prétendait pourtant jusque là n'être que partage, amour et politesse.

Peu au peu au fil du roman, viennent s'entrelacer à ces premiers aspects glorieux le vice, la manipulation et une forme de folie destructrice chez ce personnage attractif.
Gatsby n'est plus cette lumière sur laquelle viennent se coller tous les insectes la nuit, il n'a de cesse de s'éteindre à petit feu et le lecteur, voyeur, observe son déclin, tant avec peine qu'avec un sentiment de fascination malsain.

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