Découverte de Shakespeare - Acte III

Avis sur Hamlet

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Au risque de lasser ceux qui suivraient mes critiques (mais existent-ils seulement), je vais, une fois encore, expliquer le concept de mes critiques portant sur Shakespeare. Sans tenter de me dire meilleur que je ne suis ou moins bon, je considère avoir une relative culture de base. Or, il se trouve que pour ce qui est de Shakespeare, c'est un trou béant, à peine rempli par Le Viol de Lucrèce et Roméo et Juliette. L'envie m'est donc venu de partir à la découverte de Shakespeare. Une découverte que je voulais relater sur Senscritique en y amenant l'idée que je suis un néophyte. C'est à dire, raconter, avec l’œil neuf de la découverte, comment je voyais ces œuvres. Ne pas faire de connexions, ne pas faire de recherches, ignorer tout ce que je devrais savoir.
Tel l'enfant venu au monde, je découvrais le soleil, je découvrais Shakespeare.
Par un soucis, tout symbolisme, j'eus le désir de lire 5 pièces pour cette découverte. Macbeth pour commencer, suivit de Richard III. Le troisième acte a lieu en ce moment même, avec Hamlet.

Ce qui me surprend quand je lis les critiques, c'est de voir à quel point chacun semble avoir compris Hamlet. Je parle du personnage ici. Comme si on pouvait le définir. Voilà le fou, voilà le cynique, voilà le moment où il dit vrai, le moment où il ment. Il est honneur, il est vice. Le personnage de Hamlet est d'une complexité rare qui m'a immédiatement conquise. Le personnage, doté d'une profonde réflexion est mystérieux. Se joue-t-il de nous, de lui-même, des autres membres de la Cour ? Est-il réellement affligé de la mort de son père ou est-ce sa vie qui l'afflige ? Est-il droit dans ses choix ou hésitants ? Et il ne serait pas droit de ne pas hésiter sur le fait qu'il a du mal à faire son choix sur ce qui est en son droit ou ce qui ne l'est pas.
C'est ce qui m'a tant plu avec Hamlet. Nous sommes loin d'un homme résolu dans sa cruauté et manipulateur comme Richard III. Ou d'un homme corrompu comme Macbeth. Hamlet est d'une complexité sans nom mais est doté d'un esprit puissant. Il ne s'en sert pas nécessairement pour manipuler, mais ses errances métaphysiques et amoureuses s'imposent à lui et il réfléchit dessus.
C'est là la difficulté du personnage, il me semble que peu importe ce que je dirais dessus, je risque de ne toucher qu'une partie, dévoiler un visage de Hamlet mais recouvrir dans l'ombre plusieurs autres.
Ce qui reste c'est son intelligence, ou du moins sa langue, si bien pendue. Car Hamlet est un personnage extrêmement drôle, très amusant. Son humour, noir, vif, agressif, n'a aucune limite et m'a offert de véritables rires. Je ne pensais pas rire devant un tel drame.
Car c'est un drame de haut niveau, un drame où l'on sent toute l'oppression, on sent la menace. Et on a beau se douter de l'issue tragique, tout reste une surprise. Même en sachant par avance, les nombreuses morts, celles-ci n'en demeurent pas moins parfaitement bien amenées. On est dedans, à 300%, sans aucune limite. On est dans la pièce, c'est vivant comme trop rarement.

Il faut dire que les personnages de Hamlet sont incroyablement bien réussis. D'une polyvalence à toute épreuve. Aucun ne tombe, jamais, dans le manichéisme, tous ont un visage d'une rare humanité. Claudius qui s'en veut de son fratricide, qui espère vraiment que Hamlet ne sera plus fou (qu'elle belle idée que voilà) et qui finit par vouloir sa mort. Sa mère, Gertrude, la reine, qui trompe, par delà la tombe, son mari avec son frère. Qui oublie ses devoirs pour mieux se les rappeler par la suite. Laërce, ami, frère, vengeur, ennemi et pardonné.
Son père, Polonius, amène des intrigues gigantesques incluant principalement les notions d'amours, de devoirs politiques, d'obligation à son roi, de respect des hiérarchies. De ce fait, la douce Ophélie, parfois transparente, n'apparaît que comme un organe qui découle de son père. Une partie de lui qui s'incarne et amène le personnage à être si central.

Il y a tant de scènes grandioses dans cette pièce. Le désaveu amoureux de Hamlet, ses moqueries face à Polonius, la menace vis-à-vis de Claudius, la demande de pardon de Claudius, toutes les scènes avec Laërce, les errances métaphysiques sur l'insignifiance de la vie humaine, les traits d'esprits si puissants de Hamlet.

Cette pièce, que seule la fin abrupte gâche quelque peu, est d'une excellence que rarement on atteint et que trop rarement, le spectateur, il me semble, cherche, sans la trouver.
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