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Avis sur Harry Potter à l'école des sorciers - Harry...

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Relire les romans Harry Potter, c'est d'abord avoir le plaisir de se plonger dans un univers formidable. Poudlard, les baguettes magiques, les portrait qui cachent des portes, le Choipeau, les images des sorciers à collectionner, la Forêt interdite, etc. Rowling a su créer un monde de la sorcellerie à la fois moderne et traditionnel, dépoussiéré des vieilles images et respectueux des légendes. Elle s'appuie sur les mythologies du genre pour les renouveler. On retrouve Nicolas Flamel, le célèbre alchimiste, et sa Pierre Philosophale (qui donne son titre original au roman) ; on retrouve des centaures et des licornes, et même un chien à trois têtes.

D'ailleurs, la façon de passer Fluffy en lui jouant de la musique pour l'endormir renvoie directement au mythe d'Orphée qui, si je ne me trompe pas, avait fait la même chose avec Cerbère

Le monde des sorciers de Rowling vient se caler en parallèle du nôtre. Il n'en est pas forcément différent, il est juste plus intense, comme une version couleurs d'un monde moldu qui serait en noir et blanc. L'auteur emploie des éléments de la vie ordinaire et en donne une version magique. Le football et le Quidditch. Le quai 9 3/4 à la gare de King's Cross. La Diagon Alley qui semble surgir de nulle part dans l'arrière-cour d'un pub invisible. Et ce Poudlard qu'on ne saurait situer géographiquement.

Et dans ce monde de la magie, Rowling a placer des personnages. Et ça, c'est uen autre grande force du roman. A commencer par Harry Potter lui-même, sorte de Cendrillon moderne (sauf que sa bonne fée s'appelle Hagrid). Quel adolescent, trouvant sa vie terne, n'a pas rêvé de recevoir cette lettre lui révélant qu'il a des pouvoirs insoupçonné ? L'auteur a vraiment touché dans le mille avec ce personnage : le risque aurait été d'en faire un héros talentueux et neuneu, alors que Harry est un véritable personnage, avec ses défauts, et ne pourrait pas grand chose sans l'aide des autres autour de lui : Ron, Hermione et même Neville. Une équipe de bras cassés, si l'on se fie à ce que peuvent penser certains, mais qui ont tous leur qualités (voir le discours de Dumbledore dans le dernier chapitre).
Bien sûr, il y a Dumbledore, à la fois personnage secondaire car on l'aperçoit très peu dans le roman, mais personnage essentiel à l'histoire quand même.

J'avoue que, quand on a déjà lu la série et qu'on sait que le directeur va mourir, ça donne un aspect un peu plus émouvant à ses apparitions.

Mais mon préféré, de très loin, reste Rogue (Snape en anglais, c'est-à-dire quasiment Snake). J'aime toujours les personnages ambigus, et aucun n'est plus ambigu que lui.

La preuve, Harry et les siens ont toujours soupçonné Rogue d'être le voleur de la Pierre, alors qu'il cherchait uniquement à la protéger. Rogue reste fidèle à Dumbledore, mais déteste Potter quand même. L'ambiguïté de son engagement en fait le personnage le plus génial de la série.

Relire Harry Potter, c'est voir, de façon évidente, les qualités d'écriture de J.K. Rowling (d'ailleurs, le lire en anglais montre encore mieux ces qualités, le rythme des phrases, les jeux de mots, dont certains sont bien rendus par la traduction française, le parler des personnages). Je suis souvent monté en première ligne, sur ce site, pour dénoncer l'arnaque de la "littérature de jeunesse" et je maintiens une chose : un bon "livre de jeunesse" doit pouvoir être lu avec plaisir et intérêt par des adultes. Et bien, c'est largement le cas ici. Ce premier Harry Potter est un roman rythmé, intelligent, drôle, tendu, énigmatique. Les scènes comiques succèdent aux pages plus émouvantes.
J'aime particulièrement la façon qu'a l'auteur de garder des éléments mystérieux. On révèle certaines choses (sur Voldemort, Rogue, les parents de Harry) mais on laisse bien des choses dans l'ombre. Les questions sont multiples et ne pas y apporter de réponses, c'est laisser faire l'imagination des lecteurs.
Et c'est là la grande contribution de J. K. Rowling. Elle a créer un monde capable de développer l'imagination de ses lecteurs, jeunes ou vieux. Désormais, quand on prononce le mot "sorcier", on pense à Harry et Dumbledore, on voit Poudlard et le Quidditch. L'arrivée de ce roman marque sans doute une date dans l'histoire de la "littérature de jeunesse".

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