Mais c'est de quelle sœur déjà ?

Avis sur Jane Eyre

Avatar Noemiemt1
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Il m'est particulièrement difficile de parler d'un roman que l'on considère comme "classique" ou "ancien", considérant que l'étude de ce genre d'ouvrage a déjà été accru de telle sorte que je ne puis y ajouter quelque chose qui ne soit, ou répétitif, ou totalement à coté d'la plaque. Mais prenant en compte le caractère transcendantal et universel des thèmes développés dans un roman comme celui-ci, je me risque donc, sans lecture d'aucune autre analyse, à vous partager mon avis sur ce petit bijou.

Jane Eyre, c'est une pauvre petite fille, "pauvre" dans tous les sens du terme, qui se retrouve orpheline et à qui va arriver de rudes épreuves. Charlotte Brontë a raconté qu'une grande part du roman était autobiographique, ce qui renforce l'effet de la narration à la 1er personne. Ce qui est particulièrement surprenant dans ce roman, ayant été écrit au XIXème siècle, est le féminisme exacerbé de Jane. Elle cherche toujours à être indépendante, à se suffire à elle-même, et lors de la longue (trop longue) confrontation contre Saint-John, qui veut sa main, elle ne flanche presque pas et continue à affirmer ses droits et ses positions.

La structure du roman est classique, finement découpée en parties bien distinctes. Certaines parties sont évidemment plus intéressantes que d'autres, c'est le cas dès le moment où Jane s'échappe de Thornfield. Ainsi, on endure, le souffle coupé, la dure perdition de notre héroïne, qui ira jusqu'à mendier aux portes de… ses cousins cachés ! Quel curieux hasard. Lorsque je dis le souffle coupé, je parle littéralement, j'ai été physiquement essoufflée en lisant ces lignes, et c'est là tout le génie de Charlotte Brontë, rendre ces souffrances tellement épuisantes qu'elles s'extirpent du bouquin, glissent et rentre dans l'âme du lecteur.
Le passage lorsque Jane, en vagabonde, s'arrête devant la fenêtre des Rivers, nous décrit cette scène incroyable, toute imprégnée de clair-obscur, ces deux jeunes femmes élégantes, regroupées autour de cette vieille paysanne sombre, semblent sortir d'un songe, d'un univers lointain, si bien qu'on pense un instant que Jane sombre dans la folie – ou bien est déjà morte.
Un roman remarquable, qui annonce les prémices du féminisme actif tout en ne sortant pas trop des clous.

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