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Jane Eyre par Aunbrey

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Coup de cœur.
Je ne sais même pas par quoi ni où commencer tellement j'ai tout aimé dans ce roman. Que ce soit le caractère de Jane, la personnalité de Rochester, la description des paysages, l'observation et l'analyse des personnes entourant le personnage principal ou alors les-dits personnages secondaires, je me suis littéralement délectée de tous les aspects de l'histoire.

Je me suis énormément attachée au personnage de Jane Eyre au cours de ma lecture. J'ai aimé sa force de caractère, sa capacité à se raisonner lorsque la passion l'assaillit et s'empare de son cœur et son esprit, sa morale chrétienne qui l'accompagne tout au long de sa vie, sa vivacité et son audace, son courage, sa bienveillance, son intelligence. Même dans les situations les plus difficiles, elle finit par s'en sortir et par retrouver cette naïveté et joie de vivre qui la caractérisent si bien. Elle ne cherche pas son bonheur dans l'opulence et l'argent mais plutôt dans des choses simples. Sa position dans la hiérarchie sociale n'est peut-être pas élevée mais ce qu'elle recherche avant tout c'est d'être indépendante et satisfaite de sa situation. Elle est prête à endurer patiemment un travail laborieux et fastidieux, un travail qui l'ennuie mais qui lui permet de vivre et de gagner quelques sous plutôt que de dépendre entièrement de quelqu'un. C'est une personne modeste aux goûts simples, qui peut se contenter de peu et qui compensera les manques de son existence par l'imagination.
L'éducation qu'elle reçut au pensionnat de Lowood est probablement une des périodes que je préfère dans tout le roman. Ses souvenirs sont teintées de douceur et on sent clairement que sa vie là-haut lui plut. Son environnement était peut-être austère mais elle y acquerra un trait de caractère que j'ai énormément apprécié et qui est la raison même de mon attachement à son personnage : son rationalisme. La faculté qu'elle a à ne pas se laisser berner par ses sentiments et sa passion. Là où elle pourrait agir sans se préoccuper des éventuelles conséquences, là où elle pourrait laisser sa fougue et son audace prendre le dessus, elle garde son sang-froid pour analyser la situation et prendre la meilleure décision. Elle a un côté stoïque qui m'a beaucoup plu.

Le personnage de Edward Rochester est ambivalent. D'un côté, il a des traits de caractère, des défauts qui ne donnent pas envie au lecteur de l'aimer ; de l'autre côté, il a ce petit « quelque chose » qui fait qu'on n'arrive pas à lui résister bien longtemps et qu'on finit toujours et inévitablement par l'apprécier. C'est un personnage étrange et bizarre, arrogant et fier, sûr de lui et un peu sauvage. Il n'est pas beau et en a parfaitement conscience mais n'en est absolument pas affecté. Ses divagations lorsqu'il parle sont déconcertantes et difficiles à suivre, mais elles font finalement partie du charme du personnage. C'est comme si pendant quelques instants, son entourage n'existe plus pendant que lui se remémore des périodes passées douloureuses que nous, lecteur comme Jane, ne sommes pas en mesure de saisir et de comprendre.
Il a cette aura, ce charisme qui font qu'on est attiré par sa personnalité et par sa personne. C'est un homme blessé et hanté par sa culpabilité qui se perd dans ses souffrances à voix haute. A travers les yeux de Jane, on apprend à aimer cet homme, à l'apprivoiser et à l'apprécier. On aime la flamme qui brille dans ses yeux lorsque la jeune fille est près de lui, on aime son côté excentrique et extravagant, sa chaleur animale. On frissonne devant sa douleur et l'impression qu'il a de perdre la tête. Il a la sensation de devenir totalement impuissance face à ses sentiments et au sort que lui réserve la vie, il en perd le contrôle sans que cela soit à son avantage.

Gravitent autour de ces deux personnages principaux une foule de personnages plus ou moins secondaires, dont certains sont plus importants (notamment St-John Rivers, personnage phare du dernier tiers du roman) que d'autres (Mrs Fairfax, Miss Temple, Mrs Reed, etc.). Il est difficile de n'en mentionner qu'un petit nombre alors que beaucoup d'entre eux apportent quelque chose à l'histoire même si leur apparition est rapide et donc leur personnalité n'est que très peu développée. Une grande partie de ces personnages finit néanmoins par marquer le lecteur, qui continue de se souvenir d'eux bien après leur disparition de l'histoire. Le personnage d'Helen Burns est probablement celui qui rayonne le plus dans tout le roman. Il est empli de grâce et d'une force intellectuelle tellement plaisante à suivre.
St-John Rivers, quand à lui, semble au premier abord l'exact opposé de Jane et de Rochester. Stoïque et glacial, irascible et volontaire, aussi beau qu'une statue grecque, il est impossible de savoir ce qu'il pense mais rien n'échappe à ses yeux scrutateurs. Pourtant, il est lui aussi un être empli de fougue et de passion. Ses émotions sont simplement tournées vers l'accomplissement de sa destinée. Il est ambitieux et sait exactement ce qu'il veut. La vie à la compagne n'est pas faite pour lui, il faut qu'il bouge, qu'il partage son savoir et ses croyances aux gens du monde. Encore une fois, au travers des yeux de Jane, on finit par trouver un certain charme au personnage du pasteur Rivers. On aime l'affection qu'il a et l'attention porte à ses soeurs (toutes deux bienveillantes et harmonieuses), on apprécie son caractère et sa relation avec Jane.

En conclusion, Jane Eyre est un roman exceptionnel. On suit avec enthousiasme et excitation le récit de la jeune fille. L'écriture de Charlotte Brontë est absolument magnifique, elle a un côté délicat et simple, on se laisse porter par ses descriptions des lieux et son observation des personnages et de leur caractère. Jamais l'histoire ne s'essouffle, on se plonge avec délice sans vouloir en ressortir dans l'univers et dans l'ambiance caractéristique de Thornfield, du pensionnat de Lowood ou tout simplement l'atmosphère sauvage mais réconfortante des landes. On prend plaisir à suivre le point de vue de Jane, sa vision des choses et des événements, sa franchise et sa sincérité naturelle, son jugement et ses pensées. Ce roman est un petit bijou de la littérature anglaise, un merveilleux moment de lecture.

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