Avis sur

Jane Eyre par Phae

Avatar Phae
Critique publiée par le

Il y a peut-être deux ans, ma soif de culture littéraire était à son paroxysme, soit au niveau qu’elle a atteint aujourd’hui à nouveau.

J’ai alors écumé les brocantes à la recherche de livres pour me culturer à vil prix. Il faut dire que je suis un peu radine, oui, ok. Mais surtout, j’ai horreur de gâcher, de gaspiller, ce n’est pas possible d’imaginer que des milliers de jeunes gens doivent chaque année acheter des dizaines de bouquins culturant d’auteurs tous plus pompeux les uns que les autres, et à la fin de l’année, dégoûtés de toute forme de lecture (sauf en SMS), ils se débarrassent de ces livres, mal aimés, torturés parfois.

C’est comme pour les chats, j’ai du mal à concevoir qu’on puisse payer 1 500 euros pour un chat qui sera peut-être une teigne, quand tant de chats gratuit,s ayant eu une vie difficile et ne cherchant, ok sans le savoir, qu’un peu de tendresse, remplissent les refuges en tout genre, et même les rues.

Il faut recueillir ces pauvres bestioles et les aimer comme elles ne l’ont jamais été, elles vous le rendent bien mieux.

Après, trop de livres à moins de 1,50 euros remplissent mes étagères, il m’a fallu une solution plus radicale, un e-book.

Mais Jane Eyre est l’un des livres que j’ai acquis dans une brocante, me procurant le plaisir d’une édition de 1972, son papier jauni, son odeur poussiéreuse. Qui n’a pas de bibliothèque parentale n’a pas le bonheur de connaître ce doux fumet du vieux livre (qui fait parfois tousser), une bonne brocante peut résoudre le problème.

J’ai aimé Jane Eyre dès le premier chapitre, j’entretiens une passion non réciproque pour les enfants / adolescents maltraités et leur vie trop injuste. On est merveilleusement bien placé dès les premiers mots.

J’ai aimé Jane Eyre par sa constante dévalorisation d’elle même, même si elle est également très sure de ce qu’elle sait ou pas. Un caractère bien trempé dans un petit corps frêle de jeune fille.

J’ai aimé également Mr Rochester dès son apparition mystérieuse, et prenant tout l’espace du livre par ses frasques.

Et j’ai également aimé Saint John, personnage froid et attachant sous sa carcasse, j’ai toujours été intriguée par la froideur trop franche.

J’ai aimé Jane Eyre tout au long, malgré la nunucherie finale, par la richesse des situations différentes dans lesquelles le personnage principal pourtant réussit à s’en sortir, acquérant toujours plus de verve.

Je me suis évidemment précipitée le voir quand il est sorti en 2012 par chez nous, ce qui était bien entendu une erreur, sauf à voir Rochester incarné, et les différents paysages du livre, évidemment, fort réalistes. Les films tirés de romans sont bien souvent tellement littéraux qu’ils en oublient le charme original de l’oeuvre. Quand Jane Eyre s’enfuit du chateau de Rochester par exemple. La scène du livre est si poignante, si triste, ce n’est pas par quelques vision de la lande sous la pluie qu’on peut ressentir son dénuement et son désespoir.

J’essaierai encore de voir de meilleures transpositions au cinéma, on en reparlera à ce moment-là.

"Sans doute devrais-je vous pardonner, vous ne saviez pas ce que vous faisiez; tandis que vous me déchiriez le cœur, vous croyiez seulement extirper mes mauvais penchants."

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 237 fois
1 apprécie

Autres actions de Phae Jane Eyre