L'oeil de Rocky, les couilles à Rocco, Grand Cherokee et trop d'popo dans les propos

Avis sur L'Alchimiste

Avatar kleolitdeslivres
Critique publiée par le

Je n'ai bien sûr pas lu ce livre, j'espère que vous n'avez pas cru un instant que ce fut le cas.
Ce livre m'a été prêté par un mec super beau quand j'étais en classe de première, tandis que dans ma phase de pétasse juvénile antisociale je m'asseyais dans un coin de la cour lire le Mythe de Sisyphe en toisant hautainement la plèbe.

J'en suis où j'en suis, malgré tellement d'erreurs. J'suis trop en avance pour leur demander l'heure

Il s'approche, se place même à côté de moi, et me demande ce que je lis. Je lui explique, il ne m'écoutait pas. je suis à peu près certaine qu'il se disait dans sa tête "Je suis trop beau, elle doit sûrement me dire que je suis trop beau là".
A la fin de la conversation, il me parle de "L'Alchimiste" de Paulo Coelho, un auteur portugais dont je n'avais jamais entendu parlé.
Ce livre, sa bible, aurait changé son point de vue sur le monde.
Il m'avouera que c'est le seul livre qu'il n'aie jamais lu, et il me promet qu'il me le prêtera.

Je ne vous cache pas qu'en cet instant j'eu cru que cette oeuvre changerait ma vie. Quelle erreur.

Hier n'existe plus, demain ne viendras peut-être jamais

Je pourrais résumer la qualité de l'oeuvre de Coelho à celle d'Hayce Lemsi, en témoigne la citation ci-dessus.
Un "récit initiatique", pire encore un "conte philosophique" : voilà comment se présente l'Alchimiste. Voltaire vient de se retourner au moins 38 fois dans sa tombe.

Le personnage du berger ultra cliché est censé donner une profondeur presque religieuse à l'oeuvre; l'Alchimiste, un prophète plus qu'un personnage. Et bien sûr, cela fonctionne. Le Marc Lévy-fan club bande.
Je ne peux croire qu'un autre public que celui-ci puisse être atteint par une oeuvre d'une telle bassesse. Même le lobby de l'éducation nationale n'a pas cédé, l'Alchimiste ne trouve même pas sa place à côté du Petit Prince ou pire encore de L'Étranger.
Mais alors quel matraquage social a bien pu finir de convaincre la plèbe que ce roman méritait d'être lu, et pire encore, qu'il changerait nos vies ?

Je pense que la réponse est assez aisée. Nous avons jusqu'alors pu observer différentes tendances : celles qui faisaient semblant de lire des oeuvres citées pour paraître cultivées auprès de leurs amants, ou encore celles qui avalent des litres de Baudelaire et ne vivent qu'à travers cette aesthetic destructrice (les autres profils, j'en parle dans mes livres).
Ici, je pense qu'il est question d'un profil bien plus masculin. Le lecteur type de Paulo Coelho est un prépa PCSI soit à Chaptal, soit à Jacques Decour. Souvent d'origine maghrébine, il est atteint de la fibre mathématique qui l'empêche d'être sensible à quelconque oeuvre littéraire. L'Alchimiste est le seul écrit qui lui est accessible, usant de mots et d'images simplistes qui correspondent aux cerveaux arriérés des gens que l'on appelle aimablement "scientifiques", pour ne pas dire "stupides".
Paulo Coelho est en quelques sortes le Orelsan de la littérature : mauvais mais accessible, les puristes le dénigrent (à très juste titre), et ses fans le considèrent comme un messager portant la parole divine.

En attente du prochain autodafé.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 2016 fois
8 apprécient · 2 n'apprécient pas

Autres actions de kleolitdeslivres L'Alchimiste