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L'Amour et les Forêts

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Aïe, une fois de plus, j'ai lu un roman comme on marche pieds nus sur des galets. Entre douleur et perte d'équilibre, j'ai avancé cahin caha sur la plage des pages d'Eric Reinhardt, attentive à chaque mot, à chaque émotion, m’appliquant sincèrement à y dénicher les formes magiques, les formes séduisantes ou torturées, les formes mystérieuses qui intriguent et dans lesquelles se niche la magie du temps et de la nature…

En vain ai-je cherché.

De poésie, je n'en ai pas trouvée ; à peine quelques jolies phrases aussi fugaces que des papillons impossible à prendre au filet.
De séduction, je n'en ai pas trouvée ; à la place, des scènes de sexe quasi cliniques, aussi dénuées de sensualité que de sensibilité.
La sincérité, le naturel, je ne les ai pas trouvés, dérobés à mes regards par le style pompeux, souvent prétentieux, d’un auteur poseur qui, selon l’expression consacrée "se regarde écrire". Le narrateur m’a donné la pénible impression de se masturber à chaque ligne (et pas seulement dans le train).
D’amour - ce que je nomme vraiment "amour" -, peu de traces tangibles mais un court mirage né en quelques clics sur internet et étouffé dans l’œuf.
Par contre, de forêts, une multitude, je rends à César... Des forêts denses, sombres, impénétrables, encombrées de taillis de mensonges, d’ornières de malheurs, de fûts de violences, d’écorces de haine et de lichens de psychologie, souvent facile et superficielle.

Arrivée au bout de la promenade, j’ai quitté la plage, soûlée d’ennui et déçue dans ma quête ; je ne saurais jamais pourquoi ce titre s’était gravé dans mon cerveau comme un message d’optimisme et d’élévation, je me sens fatalement dupée ; j’ai eu froid, j’ai eu faim d’une beauté qu’on s’est obstiné à me refuser. Bénédicte Ombredanne (quel nom !) fut malheureuse, il semble en effet qu’elle ait été injustement désignée pour subir et souffrir, toute sa vie, elle se sera enlisée dans le malheur, feignant de ne pas voir les issues de secours qui bordaient sa route... Une âme torturée, nulle part à sa place, une âme qui aurait voulu vivre en héroïne et qui n’aura été que victime.

Un récit triste et plombant.
Après, si vous rêvez d’apprendre à tirer à l’arc ou de visiter une clinique psychiatrique vintage, foncez.

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