Ce site utilise des cookies, afin de vous permettre de naviguer en restant connecté à votre compte, de recueillir des statistiques de fréquentation et de navigation sur le site, et de vous proposer des publicités ciblées et limitées. Vous pouvez accepter leur dépôt en changeant de page ou en cliquant sur le bouton “Oui J’accepte”.
Oui J'accepte

"Almost every time somebody gives me a present, it ends up making me sad."

Avis sur L'Attrape-cœurs

Avatar Slowvlaki
Critique publiée par le

Il est pour ma part très compliqué de faire une critique de L'attrape-cœurs, tout simplement car il est très compliqué d'expliquer quelque chose que l'on trouve beau (l'adjectif "beau" étant sans nul doute ici bien trop faible).

Il est de plus toujours compliqué d'écrire sur une œuvre qui vit en nous. Une œuvre dont on se dit avec un certain égocentrisme propre à l'adolescence qu'elle a été écrite pour nous. Une œuvre qui fait que l'on se sente moins seul lorsque l'on est confronté à l'incompréhension des autres.

Holden Caulfield, narrateur de cet unique roman de J.D Salinger (mais pas son unique chef d'œuvre) est selon moi bien plus qu'un simple personnage de roman : il s'agit de la figure type de l'adolescence mélancolique, désenchantée, et refusant les trop nombreuses contraintes du monde adulte. Le refus de grandir, qui est sûrement au centre de l'œuvre de Salinger, est ici magnifiquement explicité (tout comme dans ses Nouvelles), à l'image de la scène qui donne son nom au roman (The Catcher in the rye, en VO). Comment ne pas s'émouvoir devant l'idéalisme parfois forcené de Holden Caulfield, sa sensibilité, mais également son incompréhension du monde qui l'entoure ?

Le titre français est malheureusement selon moi peu adapté, même si il était compliqué de traduire le titre original. La traduction d'ailleurs n'est pas toujours parfaite, même si en ce qui me concerne je recommande tout de même la dernière édition Pocket. Sauf si vous maîtrisez bien l'anglais évidemment...l'argot américain employé reste tout de même assez surprenant, mais parfois drôle (beaucoup de "sonuvabitch" et de "goddamn"). Je ne pense pas qu'il soit aujourd'hui encore très d'actualité, mais quoi qu'il en soit, il contribue fortement selon moi à la réussite du langage parlé utilisé par Salinger.

L'attrape-cœurs, c'est également des moments drôles : les mensonges absurdes de Holden, ses idées bizarres, sa critique de film au cinéma, ses réparties... qui alternent avec des moments de solitude, de doute, d'affection...un peu tous les sentiments propres à une adolescence (souvent tourmentée) en fait. Le fait que Salinger soit parvenu à créer une image universelle de l'adolescence, dans lequel se reconnaissent encore aujourd'hui (60 ans plus tard, quand même) un certain nombre de jeunes tient du génie.

Je n'ai d'ailleurs que peu parlé de l'auteur, J.D Salinger, mais il est intéressant de faire plusieurs parallèles entre lui et Holden Caulfield. Environ 10 ans après la publication de L'attrape-cœurs et après avoir publié d'autres de ses écrits (entre autres, le génial recueil de Nouvelles déjà évoqué plus haut), il a choisi l'anonymat, refusant systématiquement chaque interview des journalistes. Des rumeurs circulent comme quoi il aurait choisi de garder un grand nombre de ses écrits sans les publier ni les montrer à personne. En gros, il n'écrivait que pour lui-même, et cherchait même à renier sa maudite célébrité. Ce qui n'est pas sans faire écho à Holden Caulfield quand il pense "Si j'étais pianiste, je jouerais enfermé dans un placard".

Ma conclusion sera un peu abrupte et je m'en excuse, mais je dirais que je ne peux que compatir à ceux qui n'ont pas aimé ce roman.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 2473 fois
48 apprécient · 2 n'apprécient pas

Slowvlaki a ajouté ce livre à 1 liste L'Attrape-cœurs

  • Livres
    Illustration

    Top 10 Livres

    Avec : Les Raisins de la colère, L'Attrape-cœurs, Nouvelles, Moins que zéro,

Autres actions de Slowvlaki L'Attrape-cœurs