un pamphlet

Avis sur L'Empire du bien

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Philippe Murray est plutôt revendiqué par les conservateurs.

SI aujourd'hui à gauche, les Lumières sont parfois critiquées, rejetées parce qu'elles ont instauré le libéralisme (propriété entre autres), cette gauche rejette sans s'en rendre compte une partie de ce que ces lumières ont apporté à l'objectivité, à savoir la recherche de la Vérité.

C'est en creux ce que reproche Philippe Murray, à savoir qu'aujourd'hui c'est le Bien qui est dorénavant la quête perpétuelle de notre société. Là où certains libéraux voulaient conduire la société selon les utilités (une certaine idée du bien-être limité), maintenant, c'est le Bien individuel qui guiderait la course au progrès.

Alors, c'est l'occasion pour l'auteur de faire des oxymores ("le Bien incurable", "l'Euphémisme superlativité" par exemple) pour tenter de démythifier ce nouvel universalisme individuel.

C'est un ouvrage que j'ai régulièrement vu passer comme une sorte d'indispensable, mais je dois bien avouer qu'il s'agit d'abord d'un pamphlet un peu léger contre ce qu'une partie du spectre social appelle maintenant la "Bien-pensance". Il tape sur l'individualisme, l'écologie par exemple sans beaucoup de finesse, tentant de faire la part belle à la tournure, à la formule choc.

Si je partage son diagnostic à savoir que nous perdrons un sens du commun à être gentil avec tout le monde, à vouloir être dans un cordicopolis (néologisme de l'auteur qui signifie "la Cité du coeur") favorisant la recherche des émotions (le "Je me sens offensé", l'injonction à l'émotion, l'empathie comme bse de réflexion), de l'individualité au détriment d'une Vérité qui sera alors parfois dérangeante, mais qui nécessite de la réflexion, de l'humilité, du courage, c'est-à-dire des valeurs nobles pouvant fonder société, l'ouvrage pêche par excès d'auto-satisfaction et rate la cible de ceux qui ne seraient pas déjà convaincus ou qui cherchent de la mesure.

Et de citer sade:

"les lois ne sont pas faites pour le particulier, mais pour le général, ce qui met dans une perpétuelle contradiction avec l'intérêt, attendu que l'intérêt personnel l'est toujours avec l'intérêt général. Mais les lois, bonnes pour la société, sont très mauvaises pour l'individu qui la compose."

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