L'encyclopédie de l'à peu près

Avis sur L'Encyclopédie du savoir relatif et absolu

Avatar Perce-Neige
Critique publiée par le

Comme c'est une encyclopédie de l'à peu près,
des choses à peu près vraies, mais pas tout à fait,
c'est marrant, ça distrait ou ça fait rêver,
mais malheureusement non, on ne peut pas s'en servir pour apprendre des choses.

Dans le titre, c'est le mot "relatif" la clef.
De savoir absolu, il n'y a pas trace.

ça peut être plaisant à lire, parce que c'est comme lire le carnet de notes de quelqu'un, ou il aurait marqué des bouts de pensées, des réflexions personnelles anarchiquement, un carnet à idées.
ça se présente comme une collection d'anecdotes très courtes, sans fil directeur.
Dommage, ça aurait été plus plaisant s'il avait relié tout ça par un fil directeur justement. On a un peu l'impression de faire du zapping, entre des recettes de cuisine et des recettes de physique, mais le bon côté, c'est qu'on peut ouvrir à n'importe quelle page, et rêvasser un peu sur ce qu'on vient de lire.
ça ne va pas plus loin. Les réflexions pseudo philosophiques ne sont pas très profondes, ça reste agréablement au niveau des pâquerettes, de quoi rêvasser sans trop de mal de crâne.

Car toutes les affirmations sont gratuites, rien n'est sourcé ou démontré.
Pour beaucoup, on se demande d'où il sort tout ça, qu'il nous affirme être vrai sans usage du conditionnel.
C'est un peu gênant qu'on nous incite à penser qu'il s'agit de science, quand il s'agit de réflexions personnelles.

Si vous ressortez les anecdotes du livre à un dîner où des gens maîtrisent les sujets abordés, je vous le dit tout de suite, vous allez passer pour un petit rigolo. Ou alors les gens vont s'échanger des regards consternés. Si votre dîner est un dîner de famille, alors ça peut être marrant, le point de départ de digressions philosophiques entre le plat de pâtes et le clafoutis aux pruneaux de tata Monique.

"Il faut 12 heures pour qu'une rose exprime tous les arômes de son parfum."

Si ton commensal est fleuriste, chimiste, ou parfumeur, ou je ne sais quoi, il risque d'ouvrir de gros yeux ronds. Mais toi t'es content, parce que tu as appris une phrase par cœur que tu peux replacer.
Même s'il fallait vraiment 12 heures à une rose (chiffre au pif ?), je ne suis pas sûre que ça aurait nourri chez moi des réflexions bien profondes.
A moins que ce soit une allégorie sur la femme?

Des choses vaseuses, je pourrais en faire une pleine liste. Par exemple quand il dit que l'amour maternel n'est pas quelque chose de naturel, dans le sens où il est tout récent dans l'histoire, parce que les femmes des autres époques s'empressaient vite de se débarrasser de leurs enfants en nourrice. Ouaip, passons quoi, y a beaucoup de passages qui relèvent de l'idéologie. Si vous avez lu les livres d'Attali, ben c'est la même. Werber l'a évoqué une fois il me semble en parlant de sa vision du monde, et ça colle assez bien.

Je dis ça, mais j'aime bien rêver en lisant des contes. C'est un livre de contes scientifiques. Un livre qui fait rêver (ou pas) sous prétexte de science. Ce livre n'apportera pas grand chose aux lecteurs de Werber, la plupart des anecdotes sont réchauffées.

C'est aussi certainement un peu un coup marketing. Les Fourmis, qui a été un immense succès, et ses quelques produits dérivés qui ont vu le jour.
J'ai été une très grande fan des Fourmis.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 598 fois
5 apprécient · 2 n'apprécient pas

Autres actions de Perce-Neige L'Encyclopédie du savoir relatif et absolu