Chronique de L'Homme Sans Chronique

Avis sur L'Homme qui pleure de rire

Avatar Dustinette
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Fait rare, je suis à peu près d'accord avec toutes les critiques déjà écrites sur le Smiley qui rit aux larmes, positives ou négatives.

C'est vrai, on sent un essoufflement et une usure de ficelles. Octave Parango n'est pas un chat et sa troisième vie livresque sent le sapin. D'ailleurs, à mi-parcours son Créateur ne prend même plus la peine de préserver sa légende (désolée je suis actuellement "sur" "Le Bureau des Légendes" et je vois des agents partout...). Octave devient ainsi "Je", sans doute pour mieux se faire dézinguer une bonne fois pour toute.

Le prétexte narratif serait aussi plutôt, selon moi, à illustrer avec une bouille jaune qui tire la tronche, en mode sourire à l'envers. Certes le safari à l'intérieur de "La Matinale" de France Inter satisfait nos appétits de concierge, mais en laissant tout de même un sacré arrière-goût d'enfantillage. Après "J'ai pas rendu mes devoirs à temps", ce sera quoi? "J'ai raté ma Béchamel"? " J'ai été réveillé par un camion-poubelle"? "Les voisins y font rien que m'embêter"?. Sérieusement.

Cela dit, à verser au dossier de la défense, le postulat central de ce livre sans titre, soit l'emprise généralisée, excessive, sur-valorisée de l'humour à laquelle aucun pan de réalité n'échappe, est très intéressant et développé avec la finesse qui caractérise la pensée de Beigbeder, quand tombe le masque de l'éternel fanfaron. Je pense qu'il a raison quand il y voit une dangerosité, en particulier dans la mesure où ce diktat du "Tout Doit Etre Drôle" contient les ferments de l'effet de meute.

Enfin, moi qui n'aspire qu'à être dans mon petit chez-moi douillet dès la nuit tombée, je ne renâcle pas à me laisser conter la débauche, les errements et les excès de la vie nocturne, surtout quand l'auteur parvient à les saupoudrer de poésie et de romantisme. A cet égard, les pages consacrées au Bal "Barry Lyndon" du Caca's Club sont assez splendides, empreintes d'une féérie décadente dont je me suis surprise à être nostalgique, alors que je n'y aurai pas mis un seul orteil, même si j'y avais été conviée...

"L'homme qui pleure de rire" reste une lecture plaisante et intéressante, pour autant qu'elle soit abordée avec des attentes raisonnables... et peut-être aussi pour autant qu'on ait pour l'auteur cette forme d'indulgence, ressentie à son corps défendant, pour le chiot le plus pataud, le plus comique et le plus dissipé de la portée.

Bonne lecture et merci de m'avoir lue,
Amitiés,
Dustinette

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