Le zoo.

Avis sur L'Île du docteur Moreau

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Après avoir lu Cœur de Chien de M.A.Boulgakov, je me suis décidée à poursuivre ma lecture du genre avec Frankenstein de M.Shelley. L'un comme l'autre sont de fabuleux ouvrages qui ont eu pour effet de booster ma curiosité pour la littérature fantastique.. L'île du Docteur Moreau semble être un des précurseurs du genre.

Quelques recherches me laissent d'ailleurs penser que Boulgakov se serait grandement inspiré de certains passages de L’ile du Docteur Moreau dans la création du personnage de Charik (Bouboule dans les très mauvaises traductions... Pardonnez-moi la grossièreté, mais WTF Bouboule? Charik est l'équivalent de Médor. Cher traducteur si tu m'entends: t'es nul.), protagoniste de Cœur de Chien.

Quoi de plus intéressant que de découvrir les spéculations de l'époque concernant la génétique? La comparaison avec les connaissances actuelles porte à sourire sans jamais être risible. La population de l'époque était bien plus influençable que nous le sommes, nous, avec nos films d'épouvante et jeux vidéos violents. Pour la défense de ces pauvres gens crédules, ces manipulations hasardeuses avaient de quoi être effrayantes. Imaginez-vous, en 1896, citoyen de Londres, l'image de Jack l'éventreur encore bien présente dans votre esprit ( Jack, que l'on suspectait être chirurgien et dont les meurtres ont été établis aux alentours des années 1890), vous entendez parler d'un ouvrage relatant d'hybridations, de vivisections et tout simplement de torture... Ne seriez-vous pas mal à l'aise? Effrayés? Moi, petite Londonienne du XIX ème siècle, j'ai peur.

Rapidement, le pitch:
Prendick, seul rescapé d'un naufrage, est recueilli à bord d'un bateau chargé de livrer des bêtes sauvages sur une mystérieuse île. Le capitaine, à bout de nerfs, débarque notre héros au milieu de la dite île, en compagnie du zoo et d'un dénommé Montgomery. La population de cette île est très particulière, Prendick découvre rapidement que chacun des citoyens est le fruit d'une vivisection visant à humaniser des animaux. L'auteur de ces atrocités n'est autre que le Dr Moreau, chassé de Londres quelques années auparavant, à cause de terrifiantes expériences menée dans son laboratoire. Prendick se doit d'apprendre à vivre en compagnie de ces bêtes humaines et développe alors une relation d'haine/amour envers elles. Car, entre nous, si ces bêtes sont effrayantes de par leur apparence, elles inspirent la compassion. Prisonnières de leur condition, soumises au joug de leur tyran, dénuées de libre-arbitre, elles se doivent d'obéir à des règles stupides, soit disant énoncées pour leur bien, mais visant en réalité à protéger Moreau de leur animalité.

Moreau remodèle les êtres, créé un homme nouveau, s’érige même au rang d'Être supérieur, force le respect de la société qu'il cherche à former au moyen de terrifiantes punitions.. Évidemment, n'est pas Dieu qui veut, les expériences tournent mal et il faut en payer le prix. Petit plébiscite "religieux" au milieu d'une histoire passionnante pleine de rebondissements!

Histoire a interpréter comme une mise en garde de l'auteur envers les manipulations génétiques et les progrès scientifiques qui n'en sont pas vraiment... N'avait-il pas raison?

J'espère avec cette critique avoir donné envie aux perplexes et scientifiques en herbe de lire ce roman car malgré les erreurs et invraisemblances, dues au manque de connaissances de l'époque en matière de génétique, il en vaut la peine, vraiment.

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