Avis pas original produit sans un vocal pourtant courant (vu qu’il a "disparu") :wink:

Avis sur La Disparition

Avatar Chevalier Petaud
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Qui a disparu ? "Un rond pas tout à fait clos finissant par un trait horizontal". On voit tous à quoi ça a rapport. Oubliant un noyau du roman (blanc avant tout grammatical), G.P. s’affranchit pourtant sans faillir du lourd carcan qu’il subit. Voilà un tabou loin d’amoindrir la narration, la dynamisant plutôt : on applaudit à l’art du scriptant ! Parlant moult fois via dictons latins ou par un bout d’anglais, jargons moins ardus d’utilisation ; dominant un logos imposant ou du moins fort nourri (un logos normal n’aurait jamais suffi !) ; ayant plus d’un tour dans son sac pour garantir la signification du tout (ainsi, chacun ayant fini son roman saura pourquoi on voit moult "laps", "cinq à six", ou un tic pour "vingt-huit") : s’ajoutant à tout ça, un corpus à transpositions partant d’un amas à troubadours connus, où l’on rugit d’admiration (mais trop d’accumulation pourrait finir par assoupir un lisant hâtif) : sans dubitation, G.P. n’a pas à pâlir du travail qu’il a accompli.

La narration suit, grosso modo, un parcours allant ainsi : Anton Voyl, un gars qui dormait mal tant un travail pictural portant autour du "rond pas tout à fait clos" l’absorbait, a disparu d’un coup alors qu’il paraissait à un iota du but qu’il poursuivait. Amaury Conson, son ami, voulait savoir où, quand, pourquoi. Suivant un mot du journal d’Anton, il trouva un avocat marocain, Hassan Ibn Abbou, qui connut un sort non commun (no spoil). Alors joint par Douglas Haig Clifford, Olga Mavrokhordatos puis Arthur Wilburg Savorgnan (plus cinq ou six avatars plus ou moins importants), il agit pour fuir l’intox au profit du vrai, pour abolir la mystification qu’Anton a subi. D’autant plus qu’un obscur assassin s’abat sur l’amas social autour d’Anton... Au fil du roman (aux longs flashbacks) apparaîtront pas mal d’indications quant à l’imbroglio. La narration fait plutôt "roman à flic", contribuant à ravir la motivation du lisant.

Un roman magistral donc, pas banal du tout, à offrir sans limitation, mais pour un public ayant l’initiation aux bouquins ardus.

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