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La Douce Empoisonneuse, par BibliOrnitho

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Linnea est la veuve du colonel Ravaska qui a vaillamment combattu dans l’armée finlandaise au cours d’une vie de militaire de carrière exemplaire. Le colonel s’est notamment illustré au cours de la Seconde Guerre Mondiale sur le front russe contre l’Armée rouge (la Finlande était engagée dans le conflit aux cotés de l’Allemagne nazie). La veuve ne touche aujourd’hui plus qu’une petite retraite qui lui permet de vivre décemment dans une ancienne petite métairie qu’elle a achetée et retapée dans une campagne bucolique non loin d’Helsinki.
Vieillesse qui aurait dû être tranquille et confortable si son abominable neveu Kauko Nyyssönen n’avait pris l’habitude de lui rendre une visite mensuelle pour lui extorquer sa rente le jour de son versement. A tel point que Linnea en est venu à redouter l’échéance. Ce nouveau terme ne fait pas exception : le neveu débarque avec deux acolytes ; association de malfaiteurs, sales, braillards, alcooliques et un net penchant pour la violence. Caricaturaux, mais le trait est forcé volontairement : on imagine sans peine les trois vauriens la mine patibulaire et bave aux lèvres. Kauko délesta sa tantine de ses sous en prenant soudain conscience que celle-ci n’était pas éternelle (Lienna est âgée de 78 ans). Il lui fit aussitôt signer un papier écrit rapidement sur un coin de table et faisant de lui son légataire universel. C’en est trop pour la vieille dame : elle réunit quelques affaires et s’enfuit dans la forêt bordant sa propriété avec l’intention d’appeler la maréchaussée. Forces de l’ordre qui débarquent en fanfare obligeant les délinquants à se cacher. Le ressentiment de Kauko à l’endroit de Lienna augmenta alors brutalement. Décision fut prise de lui faire passer le goût du pain. Désespérée, tantine se réfugia chez un vieil ami où elle mit au point un violent poison qui lui permettrait de mettre fin à ses jours si la bande parvenait à la retrouver : plutôt mourir que de subir une nouvelle fois la tyrannie des trois hommes.
Mais les choses ne se passèrent pas tout à fait comme l’espérait. Quand le premier membre du trio (le plus décidé et le plus dangereux) lui mis la main au collet, le triste sir se piqua accidentellement à la seringue que Linnea se destinait. La vieille dame avait prévu une mort, mais pas celle-ci. Elle fut bouleversée, mais nullement peinée. Au cours de cet été finlandais, le trio criminel devait encore se réduire au fur et à mesure de ses tentatives d’assassinat.
Arto Paasilinna signe un livre drôle, loufoque, fantasque dans lequel règne un humour débridé, déjanté. L’ironie est l’une des pièces maitresse de son texte. Très narratif, il décrit les déboires de Linnea qui tue par inadvertance et finalement avec une certaine légèreté d’âme. Le cadavre n’est jamais traité gravement pas l’auteur : la mort n’est jamais un drame mais au contraire chaque fois une délivrance accueillie avec sérénité et une certaine nonchalance.
Un très bon moment de lecture.

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