La Dynastie de la Déception

Avis sur La Dynastie du mal - Star Wars : Dark Bane, tome 3

Avatar Tyria
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La Dynastie du mal se situe dans la lignée de La Règle des Deux. Même s'il est un cran au-dessus, il reste anecdotique comparé au premier tome de la trilogie La Voie de la Destruction.

Et donc, on retombe un peu dans les mêmes travers que j'avais à reprocher au second volet. L'action est préféré au détriment de l'approfondissement de l'histoire et de la construction des personnages. Mais je peux difficilement en parler sans spoiler. Donc je vous donne mon avis free-spoil sur le bouquin : c'est du Drew Karpyshyn (c'est agréable à lire). Et pour peu que vous soyez un afficionados de son style habituel, vous devriez y trouver votre compte.

Voilà. Maintenant, ça va spoiler sec. (Vous êtes avertis)

Personnellement, je n'ai pas été convaincu par le roman. Ce n'a pas été un mauvais moment non plus. C'est juste que c'est tellement peu recherché. C'est tellement plat.
Le roman commence quasiment sur une petite introspection de Bane qui permet de poser un peu les bases pour les loulous qui prennent le train en marche et de lancer l'histoire au passage. C'est annoncé dès le départ : Bane est pas content car il trouve que Zannah tarde à lui péter le cul. De son avis, la miss n'a peut-être pas la carrure de le remplacer parce qu'elle se complait un peu trop dans sa place de larbin.
Peu après avoir décrété que son apprentie était naze, Bane est mis sur la piste de l'holocron d'un Seigneur Sith ayant découvert le secret de la vie éternelle.

Livre, t'es sérieux ? On va encore se taper les pérégrinations de ton héros à travers la galaxie pour qu'il trouve un énième holocron ? LE OUI.

Bane n'étant pas un idiot et ne voulant pas que Zannah se doute de quoi que ce soit, il décide de l'envoyer enquêter sur une sombre histoire d'assassinat qui a eu lieu dans le prologue.

Et voilà : juste avec ce chapitre, on comprend que Drew Karpyshyn a prévu de rester bien au chaud dans sa zone de confort pour cette histoire. Bane va faire du touche pipi dans son coin et Zannah meublera comme elle peut.
Au moins, je n'ai pas été déçue par la suite. C'est effectivement ce que j'ai eu.

Zannah, à l'instar du précédent roman, est toujours aussi plate.
Contrairement à ce que pense son Maître, elle est prête à lui faire sa fête. Juste elle prend son temps car elle a pas envie de tomber dans un piège. (C'est qui est pas con quand on a affaire aux rois de l'embrouille).
Sauf que pour une raison qui m'échappe, elle va d'abord se chercher un apprenti. (Wesh ! La règle des Deux ? Bien ?) Et que dès qu'elle réfléchira à ses actions, elle se comparera systématiquement à son maître. Qu'est-ce que ferait Bane ? Qu'est-ce Bane penserait de mes actions ? Et presqu'aussitôt, elle se convainc que son cher maître ferait mieux et qu'il désapprouverait ce qu'elle fait.

Livre ? Pourrais-tu arrêter de garder Bane présent dans ce roman virtuellement ? Ca devient lourdingue... LOL. LE NON.

Au moins, cette manière de faire a eu le mérite de me convaincre que la louloute n'était pas prête à s'émanciper et qu'elle méritait de se prendre une bonne raclée.

Pendant ce temps là, Bane récupère, like a sir, un nouveau holocron pour sa collection (certains c'est les timbres ou les pin's, lui c'est les holocrons) et apprend une technique pour transférer son essence vitale dans un autre corps.

Ok, Livre, tu as tellement pas de subtilité que je commence à avoir de la peine pour toi.

Voilà une partie de l'histoire. Il manquerait pas quelque chose ? Genre un antagoniste ? Bah ouais. Histoire de pouvoir nous faire patienter jusqu'à ce que les deux loulous décident ENFIN de se foutre sur la gueule.
...
Encore une fois, j'ai pas été déçue. On nous offre sur un plateau d'argent de suivre Serra - la fille de Caleb, un personnage tertiaire des deux précédents livres - qui passant un trèèèèèès mauvais moment (mari assassiné toussa toussa) décide de péter la gueule de Bane. J'avoue : c'est quand même un chouilla mieux amené dans l'histoire. Mais voilà. Autant dire que ça reste balourd.

Je passe les quelques péripéties du livre pour directement parler de la fin du livre. Dans Modèle de Force, j'avais déjà eu le loisir de râler contre ce que j'avais appelé le rush de fin de roman. Ce moment où l'auteur décide qu'il doit conclure et qu'il doit le faire vire.
Sauf que quand l'histoire n'a pris le temps de rien (à part de meubler viteuf) et qu'elle se permet en plus de rusher de manière dégueulasse, j'apprécie pas franchement.
C'est ainsi qu'en quelques pages : Serra se laisse tuer et Zannah fait une grosse remise en question où elle comprend (ENFIN) qu'elle a fait tout de travers au cours des derniers jours. (Ce moment où j'ai soupiré de soulagement me disant qu'on allait enfin pouvoir avancer)
Et donc quand on est en plein rush final et qu'on veut avoir un gros affrontement final, on fait quoi ?
On prend un rendez-vous par téléphone ! PARCE QUE POURQUOI PUTAIN DE PAS !

Evidemment, la grosse introspection de Zannah juste avant cet affrontement sert à préparer le twist final : c'est elle qui va gagner. (Hashtag #LaSubtilitay)

DONC VOILA. Jusqu'à peu près la fin du livre, j'étais pas bien ravie mais je passais les défauts du livre en me disant "D'façon, c'est toujours mieux que Revan". (Vous avez vraiment cru que je n'allais pas en parler ?) Certes malgré la fin, la Dynastie du Mal reste bien à des lieux de la médiocrité maladive de Revan. Mais bordel ! J'aurais voulu lire comment Bane développait son réseau de Sith. J'aurais voulu découvrir comment Zannah faisait pour s'émanciper de son maître. J'aurais voulu que Zannah trouve sa voie et que sa puissance écrase alors celle de Bane. Quelque chose qui aurait pu valider la règle des Deux.
Au lieu de ça, j'ai eu le droit de voir un boulet se débattant dans l'ombre de son maître et qu'un sursaut de lucidité permettra de remporter une victoire à l'arrachée (en mode "Gros coup de chatte"). ET POURQUOI ?! Parce que Drew voulait qu'une partie de son chouchou survive (à travers une synecdoque en plus... Trop bien)

Ce roman avait le potentiel d'un Dark Plagueis. Finalement, ce livre a achevé de me convaincre que Drew Karpyshyn pouvait être un auteur génial avec des idées que j'adore (l'univers de Mass Effect, le développement de Dark Bane, KotOR...) mais quand il a décidé de pas se fouler, il reprend un schéma d'histoire ultra prévisible dans laquelle il meuble comme un relou.

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