Vous allez contrer par furvent sur 700 pages... ou ne pas contrer du tout.

Avis sur La Horde du contrevent

Avatar Camiille
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Je ne saurais dire si c'est "un des meilleurs livres que j'ai jamais lus", et ce n'est certainement pas une écriture "accessible, facile à lire", comme on a pu me le dire à droite à gauche (la faute à cette confusion souvent faite entre l'écriture et le registre). Je n'attendais rien de particulier après avoir lu la quatrième, si ce n'était de savoir si la Horde de Damasio était à la hauteur de sa hype démesurée. Une chose est sûre : si vous "cramponnez", c'est dès les premières pages ou rien. Et ce ne sera que pour "décramponner" au point final, 700 pages plus loin.

Avec son marque-page à l'effigie de la 34ème Horde et son décompte de pages, le livre a des allures d'ovni avant même d'avoir commencé à en découvrir le contenu... Impression qui ne cessera de se confirmer par la suite.

Il dépeint un univers très dense, nourri par une réflexion que je crois longue et profonde sur ce qu'est la vie, un monde fictif posé en écrin des pensées de son auteur. Même avec une description plus poussée du contenu, il m'aurait été impossible de m'imaginer l'incroyable richesse de lectures et de déclinaisons que Damasio a donné à son élément maître, le vent. Au point de développer un jargon particulier auquel il se réfère sans cesse.

Un récit brut (presque brutal, malmenant), en narration directe (un pari audacieux mais dont les contraintes ont été largement limitées par l'existence de 23 narrateurs potentiels), percutant comme pas deux (s'il n'est pas le meilleur, il s'imprimera en tout cas à coup sûr dans le marbre de votre esprit), définitivement unique dans sa manière, et qui a fait du vent (de sa nature, de son existence, de son mouvement...) son boson de Higgs à lui. Il pêche, parfois, dans ses longueurs et les quelques prétextes faciles mis au service de ses développements (qu'on lui pardonne, en fin de compte).

Une fois hameçonnée, il m'a été impossible de lâcher la 34ème Horde avant de connaître le fin mot de son histoire. Le coup de génie est là, dans une immersion hors du commun opérée par le récit, de sorte que l'expérience de lecture est à elle seule un "contre par furvent", tant il prend le lecteur aux tripes et ne lui laisse de véritable répit qu'une fois terminé. Une sensation personnelle de n'avoir eu d'autre choix que de le dévorer avidement jusqu'à la fin explique ma note, bien plus que l'histoire en elle-même.

Bonne lecture !

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