La perfection n'a rien de plaisant

Avis sur La Princesse de Clèves

Avatar Okadina
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Alors, avec les nouveaux programmes j'ai été forcé de lire ce roman, j'ai tout bonnement détesté. Tout d'abord le début de l'histoire, la première partie est tellement lente et sans intérêt. Certes la plume de LaFayette n'est pas déplaisante, mais pourquoi mettre autant de descriptions sur des personnages de la cour dont on ne va plus jamais entendre parler. La cour semble infinie et il est impossible de rester concentré après autant de noms plus prestigieux les uns que les autres, la dauphine, la reine, le vicomte bref une ribambelles de nobles très peu intéressants. Ce qui m'a surement le plus dérangé est la sur-utilisation de certains adjectifs tels que "bien faits", "vertu", "beauté sans pareille". À croire que toute la cour est sortie tout droit d'un défilé de mode, il n'y a aucun défaut car oui il est clair que tout le monde est beau et parfait hein. De plus, le mot "bienséance" est tellement dit et redit qu'il en devient fort dérangeant à la lecture.

Une fois qu'on sort de cette première partie, il y a du bon je ne dis pas l'inverse un semblant d'intrigue et une histoire assez intéressante. Sauf que.. Madame de Clèves est un personnage fortement irritant. Je ne vais pas parler du fait qu'elle soit tombée amoureuse de Monsieur de Nemours uniquement par son physique, non, leur amour réciproque ne repose pas uniquement sur cela voyons. Mais le problème est que l'auteure veut créer un personnage parfait, sans défauts et surtout vertueux au possible. Madame de LaFayette n'a pas réussi cela et bien au contraire, à force de glorifier sans cesse cette princesse elle en devient insupportable, tout simplement. Puis ses actes sont tout aussi condamnables, des actes qui se veulent "vertueux" et "sincères" évidemment.

Ainsi l'aveu n'a pas été une scène de sincérité qui montre à quel point on doit admirer la princesse. Non, son aveu a été une marque de son égoïsme, quel a été le but d'avouer à son mari qu'elle aimait un autre homme? Sachant qu'elle ne voulait et ne pouvait pas se séparer du dit mari, que cela a-t-il apporté à ce pauvre monsieur de Clèves ? Elle était malheureuse de ne pas pouvoir aimer librement son amant, donc elle décide de rendre malheureux tout ceux qui l'entoure, très peu noble comme geste. Et il est à noter que sans cet aveu son mari ne serait pas mort, mort de jalousie. Pour moi, elle a trompé son mari car aimer un autre est clairement de la tromperie mais elle ne l'assume pas, ni l'auteure d'ailleurs.

J'ai tendance à opposer Madame Bovary à Madame de Clèves par un semblant de parallélisme dans leur histoire respective (mariées à un mari qu'elles n'aiment pas et entourées d'autres hommes) et en les opposant je me rends compte que la première est beaucoup plus appréciable que la seconde. Certes Emma est une anti-héroine et n'a rien de complaisant dans son personnage mais au moins elle a le mérite de montrer ses défauts au lecteur, elle est humaine pas comme cette dite déesse.

Pour conclure, je n'ai ni aimé le cadre, ni l'écriture, ni la majorité des personnages, je ne crache pas dessus car cela reste le premier roman psychologique précurseur de son genre, mais la lecture m'a déplu, et je ne le conseillerais pas. À la limite il est intéressant de l'étudier pour débattre sur les actions méprisables de la princesse.

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