Vive la PMA, la GPA et toute cette sorte de choses*

Avis sur La Révolte masculiniste - Le Règne des fourmis

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Critique publiée par le

Ecrire de la Science fiction présente de nombreux avantages. Cela permet notamment de passer sous les radars de la censure. C'est ce que fait John Wyndham dans "Le règne des fourmis".

John Wyndham Parkes Lucas Beynon Harris est un original comme seul les anglais savent l'être. Malgré des échecs répétés, il s'acharne à écrire en changeant de pseudo à chaque four, en utilisant et croisant ses nombreux noms dans tous les sens, jusqu'à en employer deux pour écrire en collaboration avec lui-même. Son opiniâtreté sera récompensée car il finira par connaître un succès relatif sous le nom de John Wyndham. Un de ses romans sera même adapté au cinéma sous le nom de "Le village des damnés" par Wolf Rilla https://www.senscritique.com/film/Le_Village_des_damnes/critique/30599353, un petit bijou digne des meilleures adaptations de Stephen King. Il sera repris par John Carpenter.

"Le règne des fourmis" m'évitera de rédiger un de mes textes "hors sujet" et acerbes. Je me contenterai de vous raconter l'histoire (pas la chute, rassurez-vous).
Ce sera plus scolaire, je vous prie de m'en excuser.

C'est donc l'histoire d'une jeune femme médecin qui, à la suite d'expériences sur une drogue dans la 1ére moitié du 20ème siècle se réveille dans le corps d'une mère pondeuse de 1ère classe, dans un futur indéterminé, incapable de se mouvoir par elle-même et bichonnée par toute une équipe de servantes dociles: l'enfer! Le monde est divisé en castes: les dirigeantes, les mères, les servantes et les ouvrières. Chaque caste est subdivisée en spécialités.
Les hommes ont disparu.

Très hypocritement, John Wyndham donne la parole à une dirigeante qui nous explique avec tous les arguments féministes et une logique imparable (mais un peu biaise) que les hommes n'ont jamais fait autre chose que d'exploiter les femmes et les asservir. Depuis qu'ils ont disparu, les femmes ont appris à se reproduire par PMA avec des mères porteuses.
Inéluctablement ce système de reproduction aboutit à une société de classes. Chaque classe vit heureuse, car maintenue dans l'ignorance de ce qu'elle manque. Même la classe dirigeante, la seule à savoir lire, ignore que leur société est issue d'une humanité sexuée comme les animaux. Evoquer cette idée est non seulement jugé répugnant, mais aussi réactionnaire et peu entrainer de graves sanctions.
Partant de ce système de reproduction, nous arrivons à une société totalitaire. Ce n'est pas le propos de John Wyndham, qui ne va pas plus loin.
C'est, en revanche, celui de Franck Herbert dans "La ruche d'Hellstrom".

Vous imaginez bien qu'un macho moyen comme moi bondisse quand on évoque l'idée de se passer de ses services. Mais notre monde va déjà plus loin encore.
De même que la PMA contient la GPA en germe, la reproduction asexuée a déjà suscité d'autres projets encore plus fous. Considérant que l'amour est une perversion qui consiste à s'admirer dans le regard de l'autre, certains sont allés imaginer l'amour sans l'autre.
Aujourd'hui des chercheurs travaillent sur la parthénogenèse, d'abord sur les cellules, c'est le clonage, mais aussi sur les corps. On nous affirme que bientôt des membres coupés pourront repousser.
A quand un corps qui repoussera sur le membre coupé?

Les commissions d'éthique peuvent s'entrainer à un nouveau paso: quand j'avance, tu recules...

*Excusez-moi de parler français.

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