Tu ne tueras point

Avis sur La Théorie Gaïa

Avatar Jambalaya
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Exit les mises en scènes criminelles atroces, finies les enquêtes menées par des hommes presque aussi dangereux que ceux qu’ils pourchassent, avec La Théorie Gaïa, Maxime Chattam passe à un niveau supérieur sans pour autant quitter sans genre de prédilection qu’est le thriller. Il affiche plus d’ambition, l’envie de cesser de proposer des meurtres brutes et brutaux et installe ici un vrai contexte, une explication et des thèses qui, même si elles sont contestables n’en restent pas moins haletantes.

Le décor prend place dans un futur proche où le climat est devenu fou et a engendré un refroidissement massif suite à la fonte des glaces polaires (thèse authentique et soutenue par de nombreux chercheurs). Trois scientifiques d’une même famille sont contactés par la Commission Européenne et envoyés pour deux d’entre eux au Pic Du Midi, pour la troisième sur l’île de Fatu Hiva dans l’archipel des Marquises. Le but de leur enrôlement reste inconnu presque tout au long du livre, car dès leurs arrivées à destinations, les choses ne se passent pas comme prévues : tempêtes, communication coupées ou personnel sur place peu coopératif.

Au fil de leurs recherches, la vérité va peu à peu se dévoiler dans tout ce qu’elle a d’horrible et d’abject. Si Maxime Chattam nous avait pris dans ses filets depuis les premières pages, il montre ici le vaste talent qui est le sien en imaginant une histoire mêlant tout à la fois le complot, la destruction de la planète, l’intelligence supposée de Mère Nature et l’origine des serials killers. Dire que ce livre a de l’ampleur est un euphémisme, Maxime Chattam préserve tout ce qui fait le sel de ses romans jusqu’à présent à savoir un sens incroyable du suspense, une mécanique narrative imparable et un goût pour l’horreur qu’il parvient à nous faire partager à notre corps défendant.

La Théorie Gaïa est probablement un des romans les moins gores de l’auteur et donc un des plus accessibles. Il pose des questions, expose des théories (avec parfois un peu de simplisme, comme lorsqu’il affirme que seule l’agressivité permet d’accéder au pouvoir) et nous laisse souvent dans le doute et l’ignorance, car il en dit peu sur ce qui est vrai ou faux dans son roman. Lorsqu’il s’agit du Mal en nous, de la cruauté qui serait inhérente à l’humanité et de la capacité de la Terre à se débarrasser de nous, il n’y a rien de pire que le doute et ça, Maxime Chattam l’a parfaitement compris et pendant 500 pages, il joue avec nos nerfs.

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