Niaiseries, caricatures et banalités.

Avis sur La Tresse

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Laetitia Colombiani a écrit un livre de magasines féminins bas de gamme, qui ferait presque rougir Amélie Nothomb ou Marc Lévy par sa médiocrité. Pourtant, l'envie était très forte : une publicité qui semblait inspirer la confiance, une maison d'éditions pas trop mauvaise et un design intéressant. Quelle déception ! L'histoire est simple : trois femmes dans le monde, une Intouchable indienne, une fille d'entrepreneurs sicilienne et une avocate canadienne racontent leurs vies (dont on se fout éperdument finalement) qui finissent par s'entremêler. Disons-le : les personnages sont caricaturaux à en mourir, des "idéaux-types", on pourrait presque écrire les descriptions des personnages à l'avance tellement ils sont prévisibles. Quant aux autres personnages du roman, ils sont quasi inexistants, des fantômes sans profondeur, si tenté que les personnages principaux aient eux-mêmes une épaisseur, ce dont je doute fortement.

L'une a un cancer ("oh bah mince alors je découvre que la maladie ça casse une carrière"), une autre fait faillite dans un pays du sud ("flûte, il faut que je m'en sorte dans ce système, je suis optimiste et ça tombe bien mon copain va m'aider trop cool") et la dernière veut sortir de sa caste (peut-être le personnage le plus intéressant). Le dénouement final est tellement prévisible (on le sait 40 pages après le commencement) qu'on en rirait presque si la littérature n'était pas déjà en fin de vie en France. Quant au style, ce n'est plus Marc Lévy, mais une rédaction de quatrième. Le message du roman (y'en-a-t'il un ?) est simple : la maladie, la pauvreté et la faillite c'est pas bien MAIS IL FAUT SE SOUTENIR DANS LE MONDE, IL FAUT ETRE OPTIMISTE ET HOP DIEU NOUS AIDE, TROP BIEN LE DESTIN. Ce livre est impossible tant du point de vue du fond comme de la forme. Il est un tract pour le marketing libéral à outrance et ne remet jamais le système en cause. On se contente de pseudos analyses psychologistes, de lieux communs et de répétions de la même idée dits de manière différentes histoire de remplir les pages, afin de noyer la merde dans la bourbe de la redondance.

En résumé ? De l'optimiste béat néo-religieux libéral (tout va bien Madame la Marquise), des personnages en carton pâte caricaturaux à en mourir, une intrigue prévisible à deux cent kilomètres et un style aussi pauvre que laid. Le livre n'est pas féministe et fait passer pour les femmes pour des pauvres gourdes incapables de penser autrement que par des phrases d'une banalité affligeante. L'auteure n'a vraisemblablement écrit ce livre que pour une seule raison : l'argent. Ceci n'est pas un objet d'art, mais du marketing comme une affiche de parfum, un blockbuster américain ou un jeu-vidéo à la mode. On pense que c'est intéressant mais c'est nul à chier. Je vous en conjure, amis lecteurs, ne lisez pas cette infâme fange. Contentez-vous de regarder Plus Belle La Vie ou Amour Gloire et Beauté pour faire le plein de niaiseries en tout genre et tournez vous vers des romans qui sauront vous transporter plus efficacement que cette vieille diarrhée rédactionnelle d'une femme qui prend ses lecteurs pour des imbéciles.

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