La fille du diable

Avis sur Lamiel

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Le roman Lamiel de Stendhal est une oeuvre inachevee ou la mort a coupe court son histoire intense, vivante , piquante et pleine d'elan face aux allures libres et sinceres de sa jeune heroine eponyme. Un roman inachevee, ayant pour l'origine une jeune femme entrevue dans la rue, intrigue par ses allures peu communes et franches, Stendhal s'imagina une heroine normande curieuse et avide de connaitre ce qu'on lui defend - la liberte d'agir face a son coeur mais pour commencer elle tient a savoir ce que c'est au juste ce qu'on lui defend - ce que c'est que l'amour.
Lamiel rejoint la gallerie des heros et personnages stedhaliens auxquels manquent une parente bien nette a savoir leur origine, ceux qui l'ont adoptee sont ceux qui sont tournes en ridicule et auxquels elle ne souhaite pas ressembler, les Hautemare qui l' ont recueille a l'orphelinat , ce qui ne convient pas a Mme Hautemar et pour cette raison elle a fait avancer l'idee que Lamiel est sa niece qui est bien entendu faux et qui engendre une reponse bien plus honteuse et ignominieuse a savoir que Lamiel est en fait une fille naturelle de Mme Hautemar qu'elle fit passer pour sa niece. D'ou la fille du diable dont l'opinion publique lui donne le nom. La fille du diable et elle ne ressemble a personne de son entourage comme Stendhal meme ou Julien Sorel ou Henri Brulard dans le roman aussi inacheve, La vie d'Henri Brulard. C'est un roman qui rejoint la gallerie des romans inacheves auxqels leurs auteurs ont voue leur talent, leur imagination, leur conviction , leur desirs leurs tristesses, leurs mobiles de leurs coeurs, leurs egotismes, leur amour-propre. :Lamiel est une Marianne de son temps. Elle est une femme de la fin du XlX e siecle debut du XXe , une femme aussi plus pres de nous en quete de son propre bonheur, voulant decouvrir pour elle meme le sens de tous ces interdits , de toutes ces perfidies que la bonne societe et l'opinion publique lui defend au nom de la religion et la decence. Tous les personnages qui influancent Lamiel sont hautement colores tant que personnalites stendhaliennes par excellence voire docteur Sansfin figure d'un bossu diabolique ,spirituel et jouisseur , deprave aussi par son franc parler mais sincere dans ses postures d'obtenir coute que coute une jolie femme qu'elle succombera sous sa magie charismatique d'un homme connaisseur , d'un pouvoir et de la comprehension au-dessus du commun, homme qui aspire a seduire politiquement aussi, qui veut devenir depute pour compenser son manque de beaute et de seduction naturelles. Esprit malin mais pas antipathique, il veut regner tel maitre du langage, celui qui a perce le sens de l'emotion principale de Lamiel et de ceux qui lui sont pareils et son propre coeur : l'ennui telle maladie de l'epoque , maladie stendhalienne par exellence , qui empeche la personnalite de s'epandre devant son propre coeur, de se donner de l'elan de joie et .de l'effusion du coeur - il sait menager a sa fin La duchesse de Miossens qu'elle s'ennuie aussi et qu'elle a peur aussi,peur d'une revolution pourtant si imminente et avec elle un monde nouveau, des moeurs nouvelles.
Des histoires , des evenements, des personnages vecus et aimes, admires par leurs recherches toutes intimes et spirituelles du bonheur se sont pretes a cette oeuvre comme histoire-document,histoire d'un imaginaire de la personnalite creatrice de l'ecrivain. Il prete a sa jeune heroine le pouvoir d'une lecture au service de son propre espace ou elle s'epanouit, a la recherche d'un bonheur qu'on lui defend - amour spontane et vrai Les premieres experiences sont somme toute decevantes pour Lamiel . Elle est encore jeune .Paraitre et apparaitre sont tout un a elle. Celui qu'elle trouve , lui semble ennuyeux et insipide. Cela ne ressemble pas a un amour chevaleresque qu'elle attend de fond de son coeur,pleine d'esperances nobles.
Somme toute un roman qui ressemble a la modernite. D'ou son inachevement et d+ou la quete vaine.Inanite des choses vraies dans le reel. Un roman vie, roman d'une vie, roman au service d'une vie., epuise par la vie, par la maladie de goutte. Roman qu'on a tente a achever au petit bonheur dans les annees 60, annees au service du bonheur, de l'amour.

Et finissons cet apercu du roman par les propos de Andre Gide En relisant Lamiel qui avance Chateaubriand fait tant qu'il nous en degoute ; mais voici que Stendhal soudain nous fait sentir et comprendre , sans le vouloir, le videaffreux de leur absence. Et pourtant ; enchantements, transesmeme, irons-nous jusqu'a dire que Stendhal n'en etait pas capable? Oui, capable lui-meme sans doute. peut-etre moins que ses creatures, et celles plus particulierement de ce livre. Je vous dis que c'est un livre edifiant.

Edifiant au service d'une vie entiere

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