Il est difficile de tuer un dieu

Avis sur Le Chant mortel du soleil

Avatar M_le_maudit
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Très bon roman.

Le récit prend place dans un monde sauvage, où s'opposent le peuple des montagnards, de rudes semi-géants réellement très corpulents (et leurs chevaux aussi), à celui du Karkr, un souverain de droit divin régnant sur les plaines.

Chaque année, les montagnards exigent un tribut des gens des plaines, faute de quoi ils descendent tels une avalanche sur les plaines pour les ravager. Mais cette année, tout est différent.

Le Tyran, chef des montagnards, exige plus que les autres années, dans le but assumée de pousser à la guerre. Car cette année, les montagnards veulent tuer le dieu de la grande cité des plaines, le dernier dieu encore en vie dans cette partie du monde.

Voilà grosso modo pour la mise en place. On pourrait s'attendre à un cadre de récit de fantasy classique à partir de là, avec héros/héroïne(s), grands combats épiques et récit échevelé. Ce n'est qu'en partie le cas.

Le roman est avant tout introspectif et centré sur quelques personnages et leurs tourments, moraux pour l'essentiel. Il y aura bien des combats épiques, notamment lors de l'attaque de la cité des plaines, mais le cœur du roman n'est pas là.

La narration est multiple, passant par divers personnages de plus ou moins grande importance. Pas vraiment de personnage principal ici, même si deux d'entre eux prennent la parole plus souvent que les autres.

L'un d'eux se tient aux côtés du tyran pendant sa campagne contre Irshoun, la cité des plaines, et l'autre appartient à un groupe de cavaliers envoyés par le Tyran à l'Est du pays pour y retrouver le berceau des dieux et revenir témoigner auprès de l'Avalanche de ce qu'est devenu ce territoire depuis la mort des dieux.

C'est là que le récit surprend son lecteur, qui pensait embarquer pour une énième resucée de David Gemmell, et qui se retrouve d'un coup éloigné de la guerre annoncée pour suivre une expédition lancée à travers les steppes.

Dés lors, si l'on suit encore les actions de l'Avalanche, on accompagne également ces cavaliers dans leur quête absurde de ce fameux berceau des dieux.

La chevauchée sera l'occasion de moments d'introspection, de questionnements sur la vanité des Hommes et les dérives du fait religieux, le tout agrémenté des dangers inhérents aux terres hostiles.

Tout cela est très plaisant à lire, la plume de Franck Ferric donnant du corps à tous ses personnages, même ceux à peine croisés. Il n'y a ni bons, ni méchants ici. Tous ont leurs côtés attachants et des motivations compréhensibles (en ce sens qu'on peut y adhérer, ou du moins comprendre ce qui les motive).

Le roman est un brin fataliste dans ses conclusions (ou pour être plus exact, dans celles que j'en tire) : rien ne dure, et les bouleversements du monde, aussi terribles puissent-ils être, n'auront jamais qu'un impact à court terme sur le cours des choses.

Tout passe, tout lasse... mais finit par renaître.

Une lecture fort sympathique, certainement pas manichéenne, et qui laisse son lecteur dans une zone grise de parfait aloi.

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