La psychanalyse de A à Z

Avis sur Le Crépuscule d'une idole

Avatar Xavier Watremez
Critique publiée par le

N'en déplaise à ces aigrefins médaillés (d'autre part bien souvent tout droit sortis d'HEC), tout ne se monnaye pas, aucun savoir n'est figé et surtout, la science avance au fil des siècles - pendant que certains des principes fondamentaux d'autrefois sont ensuite clairement réfutés... Car c'est bien cela que veut nous exprimer Onfray dans Le crépuscule d'une idole; aucune doctrine n'est exempte d'erreurs, et ses maîtres ne sont, avant toute chose, qu'humains après tout !

Dés lors, sans vouloir résumer une oeuvre entière (qui, par ailleurs, doit très effrayer une certaine minorité), et qui au passage possède une écriture plutôt dense, le fait est que l'auteur connaît son sujet sur le bout des doigts et se réserve évidemment le droit d'être critique, tout en tirant à balles réelles...

On apprend ainsi en vrac, que Freud niait ses pères spirituels tels que Nietzsche et Darwin, parlait de lui à la troisième personne, convoitait sa propre fille, montait des théories pour les abattre soigneusement plus tard, considérait toute femme qui répugnait à coucher avec lui comme une névrosée ou alors une véritable malade, était aussi un grand consommateur de cocaine sinon un pur dealer, composait avec les nazis sans honte (jusqu'à en rajouter: il co-décrit en effet le mythe juif de Moise comme une autre absurdité religieuse), haissait le communisme, n'était pas accessible aux pauvres (une consultation de Freud coûte env. 415 euros de nos jours) et principalement, considérait sa célébrité ainsi qu'une chose extrêmement importante - lui-même se voyant comme un nouveau conquistador de champs inconnus et bien sûr in fine, un éternel héros à adorer chaque jour...

Le simple fait que ce modeste livre détienne une armada de contradicteurs ET d'ennemis est, de toute façon, la preuve vivante que le philosophe est dans le vrai absolu. On ne peut pas souhaiter tout expliquer en un seul commentaire, mais il est évident que certains grands principes de la psychiatrie sont à revoir - d'autant plus qu'une grande part de la novlangue psychanalytique est ici clarifiée par Onfray !

Il réalise donc là non pas un réquisitoire mais davantage un exposé réunissant une infinité de preuves au propos de ce grand médecin si arriviste et tellement viennois - à qui arrivait également des rêves délirants dans lesquels intervenait le dieu Horus... Enfin, de nombreux exemples du passé démontrent comment des dictateurs se sont servis dans l'ombre de cette science dans le but d'éliminer, ou de faire passer pour des malades mentaux d'autres sujets plus intellectuels et rebelles...

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