Un début mi-figue mi-raisin

Avis sur Le Dernier Vœu

Avatar Lingwilocë-Valandur
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Après avoir lu La saison des orages du même auteur et du même univers sortie le 29 mai 2015 que j’ai apprécié, je me suis laissé tenter par les autres ouvrages de Sapkowski. Le dernier vœu n’est pas un roman, mais une compilation de nouvelles assez inégales et qui ne passionnent pas particulièrement pour la plupart. En ce qui me concerne, je lui ai préféré son successeur L’épée de providence, plus drôle et plus travaillée dans ses intrigues.

Écriture & narration

Au niveau de la structure du livre, nous avons six nouvelles dont les sujets nous sont dévoilés partiellement avec une septième nouvelle fractionnée entre chaque histoire, qui sert un peu de guide narratif. De la sorte, on peut considérer que cette fameuse septième nouvelle est l’instant présent et que toutes les autres sont des sortes de flashbacks ce qui est un concept plutôt original. L’écriture est correcte, mais sans plus ; elle ne transporte pas et reste assez banale. La narration comporte très peu de descriptions et cantonne essentiellement l’action en un long déroulé de dialogues ce qui ne contribue pas vraiment au développement de l’univers ; un gros point faible d’autant plus que de nombreux noms de monstres nous sont un peu jetés à la figure sans en donner la moindre explication. Les dialogues ne sont pas particulièrement mordants et comportent une utilisation souvent abusive de l’exclamation « Par la peste ! » s’agissant de certains personnages, ce qui devient un peu lassant à la longue.

Intrigues

Au niveau des différentes intrigues, je l’ai déjà dit, il n’y a rien de vraiment captivant et elles restent somme toute assez simplistes. Ainsi, on suit le personnage de Geralt de Riv, un chasseur de monstre que l’on appelle plus communément sorceleur dans l’univers, à travers diverses situations où son talent est sollicité. Évidemment, les histoires ne se résument pas à lire les exploits d’un sorceleur honorant systématiquement ses contrats (et heureusement), mais il n’empêche que le tout manque tout de même de saveur. Les tenants et aboutissants sont rarement prenants. Finalement, les seules nouvelles qui valent vraiment le détour sont Une question de prix qui constitue un prélude à la saga de cinq livres du sorceleur, ainsi que Le dernier vœu qui introduit le personnage de Yennefer, la magicienne constituant le grand amour de Geralt. Les autres sont assez dispensables si ce n’est la présence de quelques informations intéressantes ici et là sur le passé du héros. L’auteur multiplie les références aux contes bien connus comme La belle et la bête, Blanche-Neige ou encore Cendrillon en les remaniant de façon un peu plus lugubre ou en les tournant en dérision, mais si le procédé peut faire sourire au début, on aurait apprécié quelque chose d’un peu plus personnel au bout du compte. En revanche, le caractère des personnages est plutôt réussi et tout en nuance, ce qui est appréciable.

Résumés

Le sorceleur : le roi de Temerie s’est engagé à offrir une quantité d’or importante pour celui qui parviendra à désensorceler sa fille transformée en strige. Personne ne semble à la hauteur, mais Geralt relève le défi.

Un grain de vérité : Constatant des cadavres sur son trajet, Geralt mène sa propre enquête, le conduisant dans un château en ruine qui s’avère être le logis d’un homme maudit changé en bête en compagnie d’une étrange femme.

Le moindre mal : De passage à Blaviken, Geralt voit son aide sollicité par un magicien menacé de mort par une jeune femme sanguinaire que l’on soupçonne comme étant maudite. Le sorceleur ne prête cause à aucun des deux camps, mais souhaite éviter une effusion de sang dans le village.

Une question de prix : Geralt est invité à Cintra par la reine Calanthe. Celle-ci souhaite éliminer le prétendant légitime de sa fille Pavetta en raison de la malédiction qui touche ce dernier. Le druide Sac-à-souris en revanche, l’invite discrètement à agir de façon contraire pour le bien de la princesse.

Le bout du monde : Un groupe de paysans réclame l’aide de Geralt pour chasser un boucavicorne qui sème le trouble au village par ses vols à répétition. Il va découvrir que ce dernier agit pour le compte de quelques autres.

Le dernier vœu : Lors d’une partie de pêche avec Jaskier, Geralt découvre une lampe de génie. Ce dernier sortant de sa prison s’en prend au barde. Sévèrement blessé, Geralt guide son ami auprès d’un magicien de toute urgence. Acceptant de lui venir en aide, Yennefer projette de s’emparer ensuite de la puissance du génie.

La voix de la raison (fractionnée) : Geralt est en convalescence au temple de Melitele suite à son combat avec la strige de Temerie. La prêtresse Nenneke souhaite lui faire connaitre son avenir par l’intermédiaire d’une jeune femme nommée Iola auquel il s’attache.

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