Le vrai Monster Hunter

Avis sur Le Dernier Vœu

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La saga du Sorceleur.
Beaucoup connaissent sans doute cette série de livres grâce à son adaptation vidéo-ludique : The Witcher, dont le troisième jeu est sorti il y a pas longtemps.

N'y connaissant pas grand chose à cet univers, je me suis lancé dans la version livre, en attendant de pouvoir me dégoter le jeu.
Résultat ? Le livre est très bon.

Il ne s'agit pas d'une grande histoire complète, mais d'une série de nouvelles mettant en scène Geralt de Riv et ses prises de tête avec des monstres et des hommes, chacune étant entrecoupée d'une même histoire se passant après toutes les autres (La voix de la raison) dans un temple où notre héros va beaucoup discuter religion, morale et pouvoir avec d'autres personnages.
La première, sobrement intitulée le Sorceleur, montre Geralt affrontant une princesse née monstre et hantant un château abandonné, c'est à la suite de cette aventure que débute La voix de la raison (oui je sais, c'est un peu difficile à suivre).
Les histoires qui suivent (hormis peut-être Le bout du monde) semblent chacune s'inspirer d'un conte populaire différent :
Un grain de vérité fait explicitement référence à La Belle et la Bête, avec un aspect romantique assez tordu.

Le moindre Mal est une sorte de version métal de Blanche-Neige et les 7 nains, et apporte des questionnements très intéressants sur les notions de bien et de mal et sur la Justice dans un monde d'immoralité et d'injustice.

Une question de prix est, en gros, la version Game of Thrones de Cendrillon, couplant l'aspect féérique du conte, avec de la magouille politique gravitant autour du mariage d'une princesse et la notion de serment et de destin.

Le bout du monde apporte des questions morales assez ambiguës sur le progrès humain et le déclin des autres espèces : Est-ce que l'Homme, parce qu'il est de plus en plus nombreux, peut s'imposer sur terre comme l’espèce dominante ? Les autres races doivent-elles se laisser mourir, ou doivent-elles s'adapter aux changements du monde pour survivre ? C'est pas juste les humains c'est des connards et les autres c'est des victimes, non non, l'intelligence du récit, c'est de montrer que c'est plus compliqué que ça. A nouveau un sans faute.

Pour finir, Le Dernier Vœu semble s'inspirer du conte des 1001 Nuits "Le pécheur et le Génie", et bien qu'il donne son nom à ce tome, c'est peut-être la moins intéressante des histoires du livre. Certes, elle nous introduit la sorcière Yennefer, un personnage si génialement détestable qu'il justifie à lui tout seul la lecture du livre, mais sinon, l'histoire en elle-même est bien sans plus.

Vous aurez noté que chacune de ces histoires possède un thème commun : La morale et la justice.
L'univers du Sorceleur a cela d'intéressant qu'il n'est jamais ni totalement manichéen, ni vraiment tout gris non plus, c'est assez complexe, tout personnage de l'histoire peut s’avérer être une véritable ordure, et à l'inverse, des personnages à priori mauvais peuvent se montrer très humains. Le statut social n'est même pas vraiment un facteur de cette moralité tordue, puisque qu'encore une fois, roturiers comme nobles peuvent tout aussi bien s’avérer des saints que des démons. Qui a tort, qui a raison, c'est souvent le lecteur le seul juge.
D'où la référence aux contes populaires, qui par essence sont des récits jouant souvent sur l’ambiguïté et la morale tordue. Tout se goupille, tout est lié !

Vraiment hâte de lire la suite.

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