Le Diable Amoureux

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Le Diable amoureux
Les apparences sont parfois trompeuses.

Jacques Cazotte, d’origine Dijonnaise, est l’auteur de ce roman édité par Le Jay. L’œuvre parut en l’an 1772, lorsque l’écrivain était âgé de cinquante-deux ans. Le Diable amoureux fit l’unanimité car il est considéré comme le premier récit en langue Française dévoilant un monde fantastique. Une petite centaine de pages à lire avec quelques illustrations sombres transmettant au lecteur l’idée d’une histoire qui n’est pas des plus joviales.

On se situe en Italie. Le personnage principal se nomme Alvare, un homme espagnol ignorant au yeux de Soberano. Ce dernier confie d’un ton supérieur qu’il croit à la science de pouvoir réduire les esprits sous son obéissance. Alvare ne connaissant rien aux forces surnaturelles est fasciné par son savoir et lui fait la demande de l’aider à acquérir cette qualité. Le flamand l’emmène donc aux ruines de Portici, dans une grotte, où il lui enseigne à convoquer le Diable. Alvare applique les règles d’évocation tout en se moquant de l’éventuel spectre. Ceci dit, se tenant debout au centre d’un cercle dessiné au sol, il se met à réciter fermement la conjuration qui consiste à prononcer « Béelzébuth » trois fois… Une tête de chameau apparaît. L’espagnol ordonne qu’un festin se fasse : l’animal se transforme en page. Il comprend que le Diable s’était soumis. Celui-ci les emmène à Naples avant de se métamorphoser en Biondetta. Alvare a de la peine à résister au charme de son visage sublime, de sa longue chevelure blonde et de son caractère séducteur. Cependant, il a conscience du côté obscure auquel il a recours et des rumeurs qui se créent dans son entourage. C’est pourquoi ils fuient tous deux en direction de Venise. Avec de simples paroles, l’homme est capable de la faire disparaître à n’importe quel moment, or la soumission d’une femme désirable comme celle-là s’avère être utile de temps en temps. Biondetta tente de convaincre son compagnon que par amour, elle s’adonnera éternellement à son apparence actuelle. Alvare désire alors rendre visite à sa mère pour lui présenter la femme qu’il désire épouser. En chemin, une mésaventure les mène à passer une nuit dans une ferme. Une nuitée torride, suite à laquelle Biondetta se volatilise mystérieusement…

Si je devais mentionner le passage qui m’a le plus plu, je dirais que c’est la rencontre d’Olympia. Sa jalousie suscitant des envies meurtrières en vers Biondetta pimente le récit. Autrement, il est assez monotone à mon goût : j’aurais préféré que le spectre montre son diabolisme en prenant un dessus autoritaire plutôt que par des traits physiques. Mais bon. Malgré mon insatisfaction, cela change l’image classique du Diable que tout le monde a. J’irais presque jusqu'à contredire le fait de l’appeler « Diable » pour la simple et bonne raison qu’il ou elle n’est pas sufisamment cruel/le. On dit que le Diable correspond à l’inverse de Dieu qui serait l’âme la plus puissante dans le domaine du Bien. C’est à dire que le Diable ne devrait théoriquement que commettre le Mal : rendre service à autrui n’en fait point partie et s’y soumettre encore moins. Le plus gros élément perturbateur est juste sous mon nez. D’après moi le titre de l’œuvre n’est pas crédible parce que c’est de la haine qui est censée déborder de Satan. Donc dire qu’il est amoureux me sembe absurde. C’est comme dire que le feu gelait. Il y a ici un manque de compatibilité.
Au niveau de la narration, le point positif que je relève est que l’histoire soit écrite à la première personne. Ainsi, le lecteur peut mieux se mettre dans la peau d’Alvare pour comprendre ses émotions. De nombreux adjectifs sont utilisées pour des descriptions détaillées et bien visualisables. Par contre, Cazotte a sa touche personnelle : les belles phrases de registre soutenu prennent souvent une tournure particulière. Elles sont pour certaines, difficiles à comprendre. Il m’est arrivé de devoir relire plusieurs fois la même phrase. Heureusement, le fil de l’histoire est tout de même relativement facile à suivre.

Pour terminer, j’ajoute que les romans fantastiques ne me passionnent pas spécialement.

Si au contraire vous, vous appréciez la thaumaturgie concernant les apparences, lire Le Diable Amoureux ne vous causerait aucun désagrément. Il s’agit de découvrir l’un des premiers essais de l’écriture fantastique et pourquoi ne pas s’amuser à comparer celle du XVIIIème siècle avec celle d’aujourd’hui ?

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